Cohabitation équitable

Je conduis dans les rues de Montréal depuis au moins trois ans, je suis du genre à faire attention à ma façon de conduire, ceci dit sans aucune prétention. Personnellement, je ne vois pas pourquoi on ne rendrait pas le port du casque obligatoire: c’est le seul moyen de protection qu’ont les cyclistes.

Je ne comprends pas en quoi c’est un «choix», car ces téméraires s’aventurent en grand nombre dans les rues la ville. Nombreux sont les cyclistes qui ne respectent pas soit la signalisation, soit les piétons eux-mêmes. Fort heureusement, je n’ai jamais eu d’accident, mais les occasions sont assez fréquentes et assez sérieuses pour me faire réagir et écrire ce texte.

S’ils veulent qu’on les respecte et qu’il y ait moins d’accidents, ne faudrait-il pas que les cyclistes s’engagent eux aussi envers les «lois»? Je lisais pourtant l’autre jour dans Métro qu’il y a un code de la sécurité routière… C’est immanquable: on voit sans arrêt des cyclistes rouler dans le sens inverse de la circulation, d’autres qui se prennent pour des conducteurs d’auto en empruntant le centre de la rue et en zigzaguant. Je ne veux pas dire que les automobilistes sont plus respectueux, évidemment pas, mais je trouve qu’il y a un laisser-aller du côté des utilisateurs de vélocipèdes.

Il y a tant de solutions envisageables pour une meilleure cohabitation qui soit vraiment équitable; par exemple, davantage de pistes cyclables, le respect du code de la sécurité routière par tous les usagers, le port obligatoire du casque, plus de surveillance de la part des autorités, etc.

Je n’essaie pas de trouver des coupables mais bien de donner mon opinion sur une situation qui doit être réglée une fois pour toutes.

Alexander Cienfuegos

La manie de sur-corriger

Ah! l’hypercorrection! C’est au Québec que la francophone non blanche que je suis a découvert ce terme à force de se faire reprendre pour des fautes ou pour des anglicismes imaginaires. On dirait que lorsqu’on vient de France, les gens supposent instinctivement, au Canada, qu’on n’est pas un fidèle cerbère de la langue française. Pourquoi devrait-on l’être, d’ailleurs?

Le Québécois (ou Franco-Canadien) en face de vous ne manquera pas de vous interrompre à tout bout de champ, sur un ton sentencieux, pour corriger des fautes qui n’existent que dans sa tête et selon son registre de langage. Bonjour l’ethnocentrisme et la suffisance! Je n’ai jamais rencontré de telles attitudes, que ce soit en Europe de l’Ouest ou en Afrique francophone. On peut aimer sa langue maternelle et la parler correctement sans pour autant adopter des attitudes extrémistes qui frisent le ridicule, soi-disant pour en préserver la survie. Aurait-on oublié d’apprendre ou d’enseigner que la menaçante langue anglaise, qui semble justifier tous ces manques de courtoisie entre membres de la francophonie, compte beaucoup de termes issus du vieux français, donc du latin? Un exemple? Dire «s’objecter» au lieu d’«objecter» parce qu’on pense erronément que c’est un anglicisme et se complaire fièrement et par entêtement dans son erreur, n’est-ce pas une preuve parmi tant d’autres de l’insécurité linguistique aiguë qui persiste parmi les francophones du Canada? Quand j’entends «rejoindre une personne au téléphone» au lieu de «joindre au téléphone», je me demande sérieusement si défendre une langue veut dire l’écorcher. La banque de dépannage linguistique de l’OQLF (l’un des meilleurs outils linguistiques en ligne dans toute la francophonie) est une mine qui recense les perles langagières des locuteurs francophones du Canada. Consultent-ils cette banque? En connaissent-ils l’existence, surtout les Québécois, qui se présentent souvent en protecteurs universels de la langue française? J’en doute. Par contre, faire preuve sans arrêt d’hypercorrection linguistique, au point d’en être complètement antipathique, semble être un trait culturel qu’on transmet fièrement de génération en génération de ce côté-ci de l’Atlantique. Quelle est la part de responsabilité des parents, des enseignants, des dirigeants politiques, dans ce non-sens perpétuel? Dire que c’est de ce même Québec que se réclament Dany Laferrière et Michaëlle Jean, respectivement membre de l’Académie française et secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie!

Cherchez l’erreur!

Anna Doe

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