Sexisme et «Québec bashing» ordinaire

Si la présente campagne électorale fédérale n’est pas des plus emballantes pour le moment, soulignons la réaction fort juste de la candidate bloquiste Catherine Fournier face au sexisme du journaliste de Global News Montreal, Peter Anthony Holder, qui a repris une «blague» profondément aberrante et abjecte sur Twitter insinuant qu’elle était prête à faire tomber son string pour Gilles Duceppe.

Mme Fournier n’a pas hésité à le remettre à sa place en évoquant le traitement différencié que subissent encore les femmes et en affirmant avec beaucoup d’à-propos : «Et après, on se demande pourquoi il n’y a pas beaucoup de jeunes femmes en politique…» Pour ceux qui en doutaient, cet événement vient réaffirmer que «les féministes» ont amplement leur place au sein de cette société profondément patriarcale.

Car oui, en 2015, des propos sexistes, des mains baladeuses, des comportements inadéquats, il y en a à profusion envers les femmes. Le sexisme, la culture du viol, le patriarcat, le double standard, ces choses qu’on souhaiterait être des reliques du passé, sont partout, et le milieu politique n’y échappe pas, bien au contraire même. Rappelons-nous simplement les deux présumées victimes de harcèlement sexuel au sein du NPD en 2014.

Par ailleurs, en plus d’être un geste de sexisme primaire, le comportement de Peter Anthony Holder s’inscrit dans une pratique répétée et insistante d’un «Québec bashing» primaire, un loisir auquel s’adonnent certains de nos compatriotes anglophones de manière complètement décomplexée. On est en droit de se demander si M. Holder se serait permis un tel faux pas à l’égard d’une candidate ne provenant pas du Bloc québécois.

Parfois, on l’oublie ou on préfère gentiment ne pas y prêter attention, mais un certain mépris, voire de la haine envers les Québécois a toujours cours. Le député conservateur Maxime Bernier a déjà soutenu dans un discours que «dans le reste du pays, il y a beaucoup de gens qui perçoivent les Québécois comme des enfants gâtés qui n’en ont jamais assez et qui en redemandent toujours.»

Les pages de certains quotidiens anglophones en sont d’illustres exemples. Pensons à The Gazette, The Globe and Mail et au National Post qui sont trop souvent le théâtre d’une hargne et d’un fiel à l’endroit du Québec et des Québécois. Au Globe and Mail, la journaliste Jan Wong a affirmé dans un article portant sur la fusillade au Collège Dawson que le triste événement était notamment la faute de la loi 101 et du racisme des Québécois «pure laine».

Rien de moins.

Qu’il s’agisse de sexisme, de «Québec bashing» ou des deux à la fois, il faut continuer de dénoncer l’intolérable.

Étienne Boudou-Laforce

Aussi dans Courrier des lecteurs :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!