Démagogies

Cette lettre réagit à la chronique «Non, Mme Lise Payette», de Hassan Serraji, publiée la semaine dernière dans cette page.

Accepter que le Québec se métisse de plus en plus ne signifie pas que l’on doive prendre en charge les dysfonctions sociales et morales des pays d’origine.

Si pour «porter la voix de l’apaisement» nous devons nous comporter en fumier de la pire espèce, fermer les yeux et sacrifier toute une génération de femmes persécutées, dominées par un père ou un mari auxquels elles appartiennent, alors non : tout comme

Mme Lise Payette, je ne souhaite nullement inculquer à mes enfants une quelconque notion de soumission. Aussi minime soit-elle. C’est pourquoi je refuserais de les envoyer dans une école où le voile est banalisé et l’abnégation apprivoisée.
Car si le voile que je porte précède mes paroles, je signifie clairement à mon interlocuteur que je projette, d’abord et avant tout, une personnalité façonnée par le carcan religieux. Et seulement celle-là.

L’accepter, c’est faire partie de ces hommes qui accréditent le port du voile pour étouffer la contestation. Car vous savez que toute fidélité dépourvue de contestation entraîne le renoncement de toute forme de liberté. Par vos propos, vous la rendez stérile et sans fondement.

Vous vous donnez, par le fait même, le pouvoir illégitime de désavouer leur identité unique au profit d’une personnalité modelée par une identité culturelle et tribale, immuable au fil du temps et des sociétés empruntées.

Dans le texte, un parallèle insultant a été établi entre la soumission de ces femmes voilées et «ces femmes qui obéissent au culte du corps, à la beauté». Il est même prétendu que le deuxième cas représente un réel danger pour notre société, bien au-delà des considérations mesquines du voile. Enfin, le texte met l’accent sur les dangers de la violence conjugale, les meurtres qui en résultent et ce fléau que représente la prostitution.

Quelle démagogie : il est faux de prétendre que dans le monde du voile les rapports conjugaux sont constamment harmonieux, que les filles et les femmes sont considérées à leur juste valeur et que la prostitution ne fait pas partie de ses principes. Cessons l’insulte, car dans ce monde justement, et plus qu’ailleurs, les femmes portent le poids de la déviance masculine dans toute sa puissance dévastatrice. Et l’honneur de l’homme, avec un petit h, est évalué en fonction du pouvoir qu’il exerce sur la femme. En d’autres termes, tous les maux sont féminins et les remèdes passent par le châtiment masculin.

Nasser Ghilassene

Moi et Sawyer

Moi et Sawyer étions une institution à Montréal, la meilleure équipe qui soit. Que l’un soit aveugle et que l’autre soit parti pour toujours, cela n’a pas d’importance, car les souvenirs des beaux moments restent pour l’éternité. Nous avions plus qu’une relation de chien-guide et de maître, nous étions la joie et nous attirions les regards et l’amour de tous ceux qui croisaient notre chemin.

Sawyer était un chien très affectueux, intelligent, tranquille et calme la plupart du temps. Il avait du talent, surtout pour se montrer irrésistible auprès des belles demoiselles. De plus, il savait qu’un de mes amis était là, même si une porte les séparait, car il l’avait reconnu à son odeur alors qu’il tirait sur la laisse pour aller le voir rapidement. Aussi, il savait le chemin lorsque je voulais aller à un endroit; lorsque je sortais de la Grande Bibliothèque en direction du métro, il tirait sur la laisse et se mettait presque à courir, car il aimait prendre le métro.

Sawyer et moi sommes arrivés à Montréal en apportant la musique, le rythme et la couleur, mais surtout, l’amitié.
Sawyer était pour moi plus qu’un guide, il était mon meilleur ami, mon compagnon d’aventures, de longs hivers, de chutes et levées, de feuilles colorées chaque saison, de pluies, de soleils, de fêtes, de cours de français, de festivals, de difficultés, de voyage en métro et de promenades à la montagne.

Sawyer est parti pour de bon, mais il sera toujours dans mes pensées, car il m’a montré que, lorsque l’on aime vraiment, il n’existe pas de barrières.

Merci Sawyer d’avoir été dans ma vie.

Carlos Parras

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