Dans la rue et aux urnes pour l’égalité

Stephen Harper tente de se faire réélire en se posant en défenseur des intérêts des femmes, comme il se pose subitement en ardent défenseur du fleuve et des poissons à Montréal. Il est temps de rétablir les faits.

Les effets désastreux des politiques de Stephen Harper concernant les femmes, souvent adoptées en catimini, s’accumulent hélas dans l’indifférence générale. Avec les compressions qu’il a imposées à la fonction publique fédérale, des milliers de Québécoises et de Canadiennes ont brutalement été écartées des emplois de qualité qu’elles occupaient.

L’abolition du programme de contestation judiciaire et du programme national de garderies, la destruction des données du registre des armes d’épaule, le retrait du financement à des organismes venant en aide aux femmes, le refus de mettre sur pied une commission d’enquête nationale sur la disparition de 1 200 femmes autochtones constituent autant de décisions incompréhensibles pour les mères, les immigrantes, les retraitées, les aînées, les victimes de violence, les autochtones.

La perle des perles a été d’apprendre tout récemment que la ministre de la Condition féminine fédérale, Kellie Leitch, est une pro-vie qui partage cette position avec ses nombreux collègues masculins, eux aussi antiavortement et antimesures sociales.

On me dira que je suis alarmiste, que les gains du mouvement féministe sont éternels. Certains prétendront que les femmes ont remporté toutes les victoires nécessaires à leur plein épanouissement. Dans une situation aussi paradisiaque, elles n’auraient plus qu’à se laisser porter par la vague de l’égalité acquise qui leur a été accordée par des hommes d’État si bienveillants… Quelle vision utopique et paternaliste.

Lors de la première action de la Marche mondiale des femmes en 2000, il était permis aux femmes de rêver d’un monde meilleur. La marche de 2015, quant à elle, qui culminera dans un rassemblement national à Trois-Rivières le 17 octobre, vise à empêcher les idéologues conservateurs de tout acabit de faire basculer le monde de façon irréversible.

Véronique De Sève, vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN)

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