Le favoritisme des ministres médecins

Le gouvernement Couillard propose d’appauvrir le travailleur québécois. Il réclame 400M$ sur trois ans aux pharmaciens, gèle le salaire des fonctionnaires, des employés du secteur public et des professeurs, taxe de façon rétroactive les pompiers et les policiers, augmente les taxes et les tarifs des citoyens.

On coupe partout! Vraiment? Nous voyons poindre une augmentation de 171M$ pour les médecins spécialistes prévue en 2015. Le ministre Barrette avait un énorme rapport de force avec son projet de loi 20, mais force est de constater qu’il a préféré fléchir!

Est-ce que les médecins vont être plus productifs? Est-ce qu’on va attendre moins longtemps à l’urgence ou à la clinique? On peut en douter, si on se fie aux précédentes ententes qui n’ont pas été respectées (GMF, etc.)…

Les projets de loi et les ententes avec les médecins ont été négociés par deux médecins, M. Barrette et M. Couillard! C’est à se demander si les accusations de conflit d’intérêts que le gouvernement libéral sème à tout vent ne s’appliquent pas à ses propres comportements! Des médecins qui négocient avec des médecins, on voit ce que ça donne: la prime Bolduc, des suppléments de revenus et des frais accessoires légalisés.

Ces derniers temps, le Dr Barrette est très préoccupé par le prix que paient les patients pour leurs médicaments alors qu’étrangement le prix exorbitant qu’ils paient pour les frais accessoires chez le médecin ne lui pose aucun problème. Comment se fait-il qu’on entende tant parler de prix des services pharmaceutiques et si peu du coût des services médicaux?

Selon le rapport annuel de la RAMQ (2014-2015), les coûts des médicaments et des services pharmaceutiques ont été stables de 2007 à 2015 malgré l’augmentation de 36% du nombre d’ordonnances, alors que les coûts des services médicaux ont presque doublé durant la même période.

Entre 2007-2008 et 2015-2016 (soit en 8 ans), la partie du budget du MSSS consacré à la rémunération des médecins a fait un bond de 90,9%.

Les excuses concernant le rattrapage semblent aussi sélectives: bien qu’elles soient moins payées qu’en Ontario ou que la moyenne canadienne, les infirmières québécoises n’ont pas eu droit au déchirage de chemise du ministre, comme il l’a fait pour le rattrapage des médecins.

Finalement, si les médecins avaient subi les mêmes restrictions que tous les employés du secteur public québécois, nous aurions économisé 15G$ sur 8 ans. Soit plus que le déficit budgétaire cumulé des 8 dernières années.

Le Québec a-t-il encore les moyens de supporter les hausses de salaire des médecins spécialistes et généralistes au détriment de la population et des autres travailleurs?

Patrick Tremblay, infirmier, France Mondou, infirmière, Dahia Merouane, infirmière, Minh Ha Nguyen, infirmière, Francine Visockis, pharmacienne, Joëlle Jammal, pharmacienne, Catherine Benoit, pharmacienne, Jonathan Beauregard, pharmacien, Nicolas Fontaine, pharmacien, Pierre Laporte, pharmacien, Maxime Dubé, pharmacien, David Thibault, pharmacien, Georges-Etienne Gagnon, pharmacien, Marie Eve Perron, ergothérapeute, Sarah Landry, psychologue, Brigitte Lefebvre, nutritionniste

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