Guérir l’autisme?

L’émission Salut, Bonjour! a présenté mercredi une entrevue qui a suscité de nombreuses réactions et soulevé les passions. Les réseaux sociaux se sont déchaînés, et plusieurs personnes et associations ont demandé à la Fédération québécoise de l’autisme de présenter sa position quant à une possible guérison de l’autisme.

Selon les recherches actuelles, l’autisme n’est pas une maladie et, en ce sens, on ne peut parler ni de traitement ni de guérison. À ce stade, les chercheurs s’entendent pour dire que l’autisme est un trouble neurodéveloppemental dont les causes ne sont pas encore définies, et qui peut ou non être associé à d’autres problématiques (déficience intellectuelle, épilepsie, troubles intestinaux, allergies, etc.) Pour la Fédération, l’autisme peut également être défini comme un état permanent ou une façon d’être. De nombreuses études démontrent qu’on peut favoriser plus efficacement le développement du plein potentiel des personnes autistes en ayant recours à des méthodes éducatives et à des modèles d’intervention reconnus, plutôt qu’à des approches médicales.

À notre avis, plutôt que de tenter de «guérir» les personnes autistes, nous devrions déployer notre énergie et nos ressources pour leur donner les moyens de prendre une place significative dans la communauté, à la mesure de leurs capacités et de leurs forces.

À la Fédération québécoise de l’autisme, nous croyons que les personnes autistes, par leur différence, enrichissent notre monde. En les considérant comme des «malades à guérir», on se trompe. Et, pire encore, on les dévalorise, en plus de culpabiliser leurs parents. Offrons-leur plutôt l’aide que nécessite leur condition et gardons les «traitements» pour les problèmes d’ordre médical que certaines personnes peuvent avoir.
​Fédération québécoise de l’autisme

Notre Trump québécois

Il n’y a point de contorsion et de manipulation auxquelles le gouvernement actuel ne semble prêt pour atteindre son objectif idéologue de restructuration de l’économie sur le modèle néo-libéral. Malgré les multiples aberrations de son projet, je m’attarderai principalement au cas de l’aide sociale. Outre une approche comptable qui est injustifiable, il utilise vilement des arguments populistes qui sont de l’ordre du préjugé.

Premièrement, par une connaissance moyenne en économie, il est facile de remarquer que la conjoncture est très mal choisie pour imposer des coupes, le coût des biens essentiels étant en fulgurante progression, principalement les aliments, ce qui touche directement les gens les plus pauvres. De plus, la hausse du coût des loyers dans les centres urbains est aussi à prendre en compte. Si on utilise n’importe quelle approche comptable, il faudrait augmenter les prestations pour ne serait-ce que maintenir les conditions de vie des plus démunis. Le problème est que pour survivre, ils devront contorsionner leur budget, ce qui les obligera à choisir des aliments plus riches et moins chers. Cela entraînera une moins bonne santé à long terme et, donc, plus de soins de santé. Cela pourrait aussi pousser des gens à la rue, donc engendrer des coûts en services correctionnels, en aide psychologique et en aide alimentaire beaucoup plus grands à long terme, que de permettre un revenu minimum garanti.

En regardant la problématique seulement d’un œil comptable, le gouvernement n’aurait pas intérêt à couper dans l’aide sociale. Ce n’est qu’un opportunisme dégoûtant digne de la vedette du sud Donald Trump, mais bien sûr d’une façon un peu plus insidieuse. Le gouvernement utilise la mauvaise réputation qu’ont les gens qui vivent de l’aide sociale auprès de la classe des travailleurs – qui représente une bonne partie de sa base électorale –, il conforte leurs préjugés en caricaturant les gens sur l’aide sociale, en montrant du doigt leur paresse et leur lâcheté. Cette façon de gagner de l’électorat en basant une décision politique sur des préjugés et en ignorant la vérité est affreuse; notre cher gouvernement minimise toutes les conséquences dramatiques que cela pourrait entraîner et participe activement à une chasse aux sorcières contre les plus pauvres.
Jean-Philippe Isabelle

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