La vulnérabilité des patients et notre humanité

Mon quotidien est une histoire de vulnérabilité, car beaucoup de mes patients ne peuvent pas se prendre en charge pour différentes raisons.

Les conditions qui contribuent à cette vulnérabilité sont la solitude, la barrière de la langue, la santé mentale, l’analphabétisme, la pauvreté et le fait de ne pas comprendre sa thérapie, entre autres.

Être pharmacienne, pour moi, c’est aimer mes patients et leur venir en aide dans cette vulnérabilité.

Je vous raconte le cas d’une de ces personnes parmi tant d’autres : Madame A. appelle la pharmacie. Elle est en pleurs, car elle a de grosses douleurs à l’œil. Elle a été opérée il y a quelques mois et a encore mal aux yeux.

Lors de son dernier rendez-vous, il y a quelques jours, on lui a donné des gouttes pour les yeux. Elle les a mises, et les douleurs ne sont pas atténuées.

Sa condition a empiré, et elle est retournée à l’hôpital, où on lui a changé ses gouttes. Après quelques jours, ça n’allait toujours pas.

Sa détresse était palpable. Son prochain rendez-vous médical n’aurait lieu qu’un mois plus tard, et elle avait l’impression que personne ne la comprenait. J’ai passé un long moment avec elle au téléphone et j’ai rédigé une lettre pour que le personnel soignant à l’hôpital puisse comprendre son historique et son inquiétude face à sa condition, qui, selon elle, n’avait pas été prise en charge.

En pharmacie, non seulement on prodigue des soins, mais on garde le bien-être de nos patients au cœur de nos priorités.

Notre disponibilité et notre proximité rendent cette tâche plus facile.

Continuer à offrir un tel service dans un quartier défavorisé devient beaucoup plus difficile à cause de la ponction qui est faite dans nos ressources financières.

L’épuisement de ces ressources a eu comme conséquence une diminution des heures d’ouverture de cinq heures par semaine, la perte d’emploi de deux de mes employés et une réduction dans les heures de travail des autres.

Nirvishi Jawaheer, pharmacienne

Un peu de dignité, S.V.P.

Comme éducateur, il est difficile de ne pas réagir aux propos disgracieux de certains de nos élus qui ont attiré l’attention des médias dernièrement. Ce sont ces mêmes élus qui condamnent l’intimidation, le harcèlement et l’humiliation pratiqués par les jeunes. Quelle incohérence et quel mauvais exemple. Pourtant, ce manque de respect de leur dignité et de celle d’autrui de la part de certains députés, y compris des ministres, ne me surprend pas.

La dignité humaine est le concept le plus important pour une espèce dont les membres peuvent devenir conscients qu’ils sont, de nature, une fin en soi. Ils sont donc à eux-mêmes leur valeur absolue, digne d’un respect inconditionnel. C’est pourquoi la dignité humaine ne fonde pas uniquement la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Elle fonde également l’éthique, l’humanisme, le droit, l’éducation obligatoire, le féminisme, la démocratie et toutes les institutions publiques au service du bien commun.

Compte tenu de l’importance vitale d’un tel concept, il devrait être au cœur du programme Éthique et culture religieuse de l’école québécoise. Pourtant, je mets quiconque au défi de trouver dans ce programme bâtard une définition le moindrement explicite de la dignité humaine et de la façon d’en respecter les exigences chez soi et chez autrui. Or, sans une telle éducation morale en bas âge, pourquoi se surprendre que les adultes respectent si peu les règles élémentaires de la vie en société?

Plutôt que d’investir temps, énergie et argent uniquement pour s’attaquer aux effets récurrents du sous-développement, surtout moral, des jeunes et des moins jeunes, ne pourrions-nous pas doter le Québec d’un véritable programme d’éthique fondé sur la dignité humaine?

Gaston Marcotte, Professeur associé, Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval et Président fondateur du Mouvement Humanisation

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