Métro Des enseignants québécois préfèrent l’Ontario, constate un lecteur.

Migration des enseignants vers l’Ontario

Selon les chiffres de l’Ordre des enseignants de l’Ontario, le nombre d’enseignants formés au Québec qui ont migré en Ontario s’est accru de 105 % entre 1998 et 2014. Une réalité à laquelle un diagnostic approfondi se doit d’apporter des réponses.

Abstraction faite des conditions salariales nettement supérieures en Ontario, la rapidité avec laquelle les enseignants obtiennent une permanence de l’autre côté de la rivière des Outaouais tranche fortement avec la précarité à laquelle font face les enseignants pendant des années au Québec avant d’accéder à un statut permanent. De plus, au contraire du Québec qui tarde à se donner un Ordre professionnel des enseignants, l’Ontario s’est déjà doté d’un tel ordre, ce qui confère à la profession un statut reconnu et valorisé.

À mes yeux, il est inconcevable qu’un si grand nombre d’enseignants ayant reçu leur formation au Québec [de 1 412 en 1998 à 2 901 en 2014] ne puissent pas se dénicher un emploi ici, comme il est tout aussi inconcevable que le statut précaire prolongé fasse partie des us et coutumes de notre système d’éducation. Si le MEQ désire conserver au Québec les nouveaux enseignants, il devra un jour s’attaquer à leurs conditions de travail, à défaut de quoi les écoles du Québec continueront de perdre une relève essentielle à leur nécessaire évolution.

Henri Marineau

Un impact méconnu des coupes en éducation

Le jeudi 17 mars, le gouvernement Couillard annonçait, dans son budget annuel, un réinvestissement de 1,2 G$ sur 3 ans en éducation. Certains ont applaudi, mais la plupart d’entre nous ne sont pas assez naïfs pour penser que cet argent comblera le manque à gagner qu’ont entraîné les coupes des dernières années, notamment en ce qui concerne les commissions scolaires. En outre, le manque de budget à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) affectera sous peu un pan méconnu de ses activités, soit l’hébergement à faible coût d’organismes communautaires et d’économie sociale dans ses bâtiments excédentaires, et ce, depuis plus de 30 ans.

En effet, les commissaires scolaires, ne sachant plus où couper, s’apprêtent à voter, le 23 mars prochain, pour une augmentation de loyer de près de 300 % pour les organismes. Ces derniers, qui subissent déjà un sous-financement récurrent de la part du gouvernement, auront beaucoup de difficulté à assumer cette hausse drastique. Ils n’auront d’autre choix que de couper dans leurs services, dans leurs conditions de travail ou, pire encore, de fermer. Pour la plupart d’entre eux, déménager n’est pas envisageable, à cause du prix encore plus élevé des loyers au privé. Voilà donc un effet méconnu des coupes en éducation qui affectera directement des dizaines d’organismes, des centaines de travailleurs et des milliers de Montréalais bénéficiaires qui trouvent en ces endroits de l’aide pour se nourrir, pour se loger, pour s’alphabétiser, pour travailler et pour défendre leurs droits.

Le premier ministre, le ministre de l’Éducation et la CSDM doivent ensemble trouver des solutions, pour maintenir des loyers abordables pour les organismes communautaires dans les bâtiments scolaires excédentaires. Sinon, c’est l’avenir de ces organismes pourtant essentiels à leur communauté qui est menacé.

Marjorie Gagnon, Coordonnatrice de la Maison des jeunes de Pointe-Saint-Charles, locataire de la CSDM

Aussi dans Courrier des lecteurs :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!