Getty Images Un quartier de Port-au-Prince

Sur la décision du Canada de prendre la direction de la MINUSTAH

Le Regroupement des Haïtiens de Montréal contre l’occupation d’Haïti (REHMONCO) dénonce et condamne énergiquement le choix du gouvernement libéral, dirigé par le premier ministre Justin Trudeau, de renforcer l’occupation militaire d’Haïti. Dans un article paru dans Le Devoir le 9 mars 2016, il est indiqué que le Canada a l’intention d’envoyer 2 000 soldats en Haïti, l’objectif étant de prendre la direction des forces de l’occupation de la MINUSTAH (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti) dans le pays. Cette stratégie viserait à permettre au Canada de briguer un siège au Conseil desécurité des Nations unies.

Il ne fait aucun doute que ce projet du gouvernement libéral s’inscrit dans le cadre du prolongement de la politique de domination des puissances impérialistes sur Haïti. Rappelons que le Canada, tout comme les États-Unis et la France, a toujours pris part aux pratiques de domination et d’exploitation d’Haïti. Pour ne donner qu’un exemple, de 1960 à 1972, la SEDREN (Société d’exploitation et de développement économique et naturel), une filière de la canadienne Consolidated Halliwell, a exploité systématiquement les mines de cuivre du nord d’Haïti. Et cela sans aucune retombée pour l’économie nationale, puisque cette exploitation eut lieu sous le gouvernement sanguinaire des Duvalier que le Canada a soutenu à coup de millions de dollars tout au long de la décennie 1970.
Il faut aussi souligner que le Canada était en première ligne lors des événements de 2004 qui ont servi de prétextes pour introduire, sous couvert des Nations unies, les forces militaires impérialistes sur le sol haïtien.

Depuis cette date, les exploits de la MINUSTAH sont maculés de sang et marqués par l’horreur. Pour ne citer que ces trois exemples : massacre de plusieurs dizaines d’Haïtiens dans les quartiers populaires de Port-au-Prince, dont Cité-Soleil, Bel Air, Fort-National; viols de plusieurs jeunes adolescent.e.s un peu partout sur le territoire national; introduction dans le pays du choléra (une épidémie a déjà causé plus de 10 000 morts).

Soulignons que toutes ces exactions ont été commises en toute impunité, sans même une condamnation formelle de la part des Nations unies, responsables officielles de la MINUSTAH. Ce refus systématique de l’ONU de dédommager les victimes du choléra témoigne clairement du flagrant mépris de ladite communauté internationale envers le peuple haïtien. Un mépris d’autant plus profond que plusieurs institutions reconnues (dont l’université Harvard) ont indiqué sans aucune équivoque la responsabilité des soldats de la MINUSTAH dans l’introduction de l’épidémie dans le pays.

La rhétorique humanitariste du gouvernement Trudeau ne peut dissimuler le projet qui est à la base de cette décision : continuer l’expropriation des richesses naturelles du pays ainsi que l’exploitation sauvage de la main-d’œuvre ouvrière.

Face à ce projet macabre du gouvernement libéral, le REHMONCO demande aux organisations progressistes du Canada de soutenir la lutte des organisations progressistes et populaires haïtiennes contre l’occupation d’Haïti. Cette politique impérialiste a déjà causé beaucoup de ravages dans le pays. Les plaies sont béantes et sanglantes. C’est toujours le peuple haïtien qui en fait les frais en termes de morts, d’infecté.e.s et d’exproprié.e.s.

Le REHMONCO exige le départ immédiat de la MINUSTAH d’Haïti et le dédommagement des victimes du choléra.

Renel Exentus et Ricardo Gustave

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