Électrification improbable

On apprenait récemment que Québec désire rendre obligatoire l’installation d’une borne de chargement pour voiture électrique dans chaque construction résidentielle neuve dans la foulée du plan d’électrification des transports prévoyant la circulation de 1,2 million de véhicules de ce type en 2030.

Une mesure louable, mais qui se heurte malheureusement à la réalité économique d’un marché du pétrole et de l’automobile peu enclin à une telle mutation de la flotte véhiculaire au Québec, et même ailleurs.

En effet, il demeure peu probable que l’industrie et les consommateurs amorcent volontairement ce changement de cap avec les aléas du cours du pétrole : d’un côté, la hausse éventuelle du prix de l’essence fait engranger des milliards de dollars de profits aux pétrolières acoquinées aux constructeurs automobiles qui n’ont qu’à maintenir le statu quo à leur avantage au lieu de provoquer une transformation du secteur; de l’autre, advenant la baisse du coût du carburant fossile, les clients retardent l’achat d’une voiture plus «verte» et vont même jusqu’à se procurer des véhicules utilitaires sport dispendieux pourtant très énergivores, au grand bonheur des industriels.

Un cercle vicieux du marché qui ne se brisera qu’avec une conscientisation véritable de la population et une volonté politique concrète d’en finir avec le pétrole ou, ultimement, avec une crise environnementale telle que l’urgence de la situation forcera un changement de paradigme dans le domaine des énergies utilisées par le transport…

Jimmy St-Gelais

Un siècle de déni. Et après?

Ça s’est passé il y a un siècle, mais c’est comme si c’était hier. Du moins pour les Arméniens qui commémorent tous les 24 avril depuis plus de 100 ans le génocide de leur peuple. À l’opposé, pour les Turcs, cette histoire n’existe pas.

Les événements de 1915 constituent jusqu’à aujourd’hui un des débats les plus controversés. Ils sont même un sujet tabou en Turquie, où la simple mention du génocide arménien peut entraîner un emprisonnement. Bien que les déportations, le massacre et la torture des Arméniens remontent à plus de 100 ans, le génocide et les crimes contre l’humanité restent d’actualité. Comme les nouvelles nous le montrent quotidiennement, l’épuration ethnique et les massacres génocidaires font encore malheureusement partie de la politique de certains États.

De nos jours, nous encourageons de plus en plus la réconciliation entre les peuples. Oui, nous éprouvons des sentiments de colère et d’impuissance devant les atroces images qui nous parviennent du Rwanda, de la Serbie, de la Bosnie, de la Somalie, du Soudan, de la Syrie, etc., mais nous privilégions un discours pacifique. Dans cet ordre d’idées, plusieurs gouvernements ont mis en place ces dernières années des comités de réconciliation et de vérité pour mettre un peu de baume sur les plaies.

Dans le cas du génocide arménien, une telle mesure est-elle envisageable? D’un point de vue éthique, il est évident que c’est une approche morale et juste. Elle nous permet de continuer à avoir espoir qu’un jour nous vaincrons la violence et les crimes contre l’homme. Par contre, la réconciliation implique un «coût» pour les victimes, car en pardonnant à leur bourreau, elles doivent mettre de côté tout désir de compensation pour les injustices vécues par leur peuple.

La localisation de l’Arménie et de la Turquie étant ce qu’elle est, les gouvernements des deux pays n’ont d’autre choix que de favoriser la création de liens politiques, économiques et culturels. Pour y arriver, un dialogue doit évidemment se développer entre l’Arménie et la Turquie. Tout en ne remettant pas en question les événements de 1915, la Turquie doit démontrer sa volonté de parler du génocide arménien. Ce n’est qu’à ce moment qu’une petite lumière d’espoir pourra éclairer le long tunnel du négationnisme.

Myrna Karamanoukian – Chercheure indépendante, rédactrice et communicatrice

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