Mario Beauregard/Métro Gilbert Rozon

«Minimiser le minimum»

Que se passe-t-il avec la Commission de la sécurité publique de la Ville de Montréal? Cette instance composée de huit élus municipaux et d’un représentant du gouvernement du Québec permet à la société civile d’avoir son mot à dire au sujet des activités du Service de police de la Ville de Montréal, notamment.

Ou plutôt «permettait». Renonçant à une tradition vieille de quelques décennies, la Commission ne permet désormais plus aux citoyens de questionner le SPVM sur son bilan annuel, dont la plus récente édition a été déposée mardi. La même chose s’est produite l’an dernier.

«Aujourd’hui, toutes les questions doivent être posées en secret, et seulement par les élus qui siègent à la Commission de la sécurité publique. Quelle honte!» s’est indigné, avec raison, Alex Norris, vice-président de la Commission et élu de Projet Montréal.
Les séances publiques de la commission représentent une rare occasion pour la société civile d’interpeller publiquement les dirigeants du SPVM. Je suis bien placé pour le savoir puisque ça fait près de deux décennies que j’assiste aux séances publiques de la Commission. Pendant longtemps, les citoyens ont été peu nombreux à y prendre part. Mais la participation citoyenne aux périodes de questions a bondi depuis le printemps étudiant de 2012.

La suppression inexpliquée de la période de questions des citoyens lors du dépôt du bilan annuel du SPVM constitue non seulement un recul pour la démocratie montréalaise, mais aussi pour la reddition de comptes de la part du deuxième corps policier municipal au Canada.

Et on ne trouvera guère de motif de consolation en se comparant avec les équivalents de la Commission de la sécurité publique existants dans le reste du Canada.

À Toronto, le Police Board  tient chaque mois une séance publique lors de laquelle les citoyens peuvent faire des présentations orales d’une durée maximale de cinq minutes. Et à Vancouver, une pareille instance tient huit séances publiques par année où les citoyens peuvent prendre part à une période ds questions.

Montréal s’est doté d’une charte obligeant la Commission à tenir deux séances publiques par année. En 2015, les seules questions que le public a été autorisé à poser durant celles-ci portaient sur le budget du SPVM, ce qui rétrécit considérablement la diversité des problématiques qui peuvent être abordées.

En comparaison de celles de Toronto et de Vancouver, notre commission montréalaise faisait déjà le minimum du côté de la participation citoyenne. Or, elle cherche désormais à minimiser le minimum. Les questions des citoyens font-elles si peur au SPVM?
Alexandre Popovic

375e, think big

C’est du Couillard tout craché, ce Rozon! En effet, le grand manitou des fêtes du 375e anniversaire de Montréal ne veut pas offusquer les anglophones. En conséquence, il réduit la taille du français sur les affiches de promotion du grand événement de 2017. En réponse aux critiques formulées, il répond : «Quand la seule langue comprise par les clients est l’anglais, tu l’utilises sans renier ton fait français». On croirait entendre Couillard, spécialiste des «vraies affaires», dire au travailleur qu’il doit pouvoir répondre dans la langue du boss américain quand ce dernier visite son usine.

Couillard et Rozon, ces deux «bouffons» – on se souvient du célèbre documentaire de Pierre Falardeau? –  semblent convaincus que, pour accueillir l’Autre, il nous faut disparaître le plus possible dans ce qui nous caractérise comme membres de cette nation. C’est ce genre d’esprits colonisés qui, au lieu d’étaler un beau tapis pour accueillir les invités, se couchent pour faire eux-mêmes le tapis. Qu’est-ce qui arrive à un tapis? Il se fait marcher dessus.

Ces «bouffons» et leurs semblables ont presque réussi à nous faire accepter l’idée que s’ouvrir à l’autre suppose renoncer à nous-mêmes, à ce que nous sommes. Et les Québécoises et Québécois s’apprêtent à célébrer la fondation de l’une des plus vieilles villes francophones de cette partie du continent nord-américain qui s’appelait à l’époque la Nouvelle-France. À quand le réveil?

À quand la mobilisation?

Normand Breault

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