www.jw.org Capture d’écran de la vidéo One man, one woman (Un homme, une femme), tirée du site web des Témoins de Jéhova

Je n’approuve pas l’homosexualité, mais je vous aime quand même

Cette lettre réagit au blogue de Judith Lussier intitulé «Pas homophobes hein…» et publié à journalmetro.com lundi.

Je suis la «redresseuse de torts» qui a publié [une] vidéo enseignant aux enfants que le paradis sera interdit par Jéhovah aux homosexuels.

Judith Lussier a écrit : «Il faut s’enfoncer bien profondément dans ses privilèges pour se sentir autorisé à faire la leçon à une lesbienne sur ce qui relève ou non de l’homophobie. Qui plus est, il faut être une personne dotée de peu d’aptitudes sociales pour avoir l’odieux de placarder cette opinion sur son mur Facebook.»

Ce qui relève ou non de la discrimination, de propos haineux, du mépris et de l’appel à la violence contre les homosexuels ne concerne pas que les LGBT. C’est l’affaire de tous. On lit entre les lignes que Judith Lussier présume que je suis une hétéro. Cette certitude se base sur quoi? Certainement pas sur le message privé que je lui ai écrit par le passé, et dont elle avait accusé réception, dans lequel je lui parlais de ma blonde…

Judith Lussier, quelques minutes avant de me bloquer sur Facebook, a réagi ainsi à la publication de ladite vidéo : «Apprendre à des enfants que l’homosexualité, ça peut se changer, c’est fucking violent. Et c’est fucking homophobe. L’homosexualité existe. Le paradis non. Maintenant, j’aimerais ça que tu t’en ailles de mon mur STP.»

Cela heurte parfois les LGBT de savoir que certains n’approuvent pas leur mode de vie, certes. J’avoue en toute humilité qu’il m’arrive à moi aussi d’en être blessée. Toutefois, la table n’est pas méchante si on s’y cogne l’orteil, comme on le croyait lorsque nous étions enfants. Il n’existe rien de tel qu’un droit moral, et encore moins un droit légal, à ne pas être heurté. La vidéo ne comporte rien qui puisse valoir une condamnation pénale au Québec, ni aucun blâme au Conseil de presse.

La liberté de conscience universelle permet de s’exclamer : «Je n’approuve pas l’homosexualité, mais je vous aime quand même.»

Puisque 400 mots ne suffisent pas… Je vous invite à venir échanger dans le respect de nos différences de point de vue. Je ne serai pas nécessairement d’accord avec ce que vous m’écrirez, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire dans le respect des limites de la liberté d’expression.

Nathalie Roussy

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