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Pure folie

La suggestion des députés Nicolas Marceau, Alain Therrien et Mireille Jean de proposer aux Québécois un référendum à la fois sur l’indépendance et sur le très moribond fédéralisme renouvelé est absurde. Si le PQ se présentait comme tel devant l’électorat, entre l’imitation et l’original en matière de fédéralisme renouvelé, l’électorat préférerait très probablement l’original. Et encore, les anti-référendum – à une ou à deux questions – et les anti-ambiguïté ne seraient pas moins électoralement rebutés par le PQ.

Comment peut-on espérer faire triompher sa cause en l’accompagnant de son faux-fuyant? Et si, par miracle, ce parti était tout de même élu, puis faisait véritablement et sincèrement la promotion de l’indépendance pendant trois ans, mais perdait le référendum, il se serait complètement discrédité comme porteur du résultat référendaire en vue d’une négociation. Cela, bien sûr, si cet éventuel gouvernement souverainiste, soufflant le chaud et le froid, parvenait néanmoins – second miracle – à créer les mythiques «conditions gagnantes» permettant la tenue d’un appel aux urnes référendaires potentiellement victorieux. Et de toute façon, rien ne dit que le Canada, pour qui l’exclusion constitutionnelle du Québec depuis bientôt 35 ans est parfaitement bénigne, se sentirait davantage lié par un vote québécois en faveur du fédéralisme renouvelé qu’avant la tenue d’une telle consultation populaire. Le statu quo n’en serait alors aucunement ébranlé.

La bonne façon de porter l’option indépendantiste, ce n’est certainement pas de laisser croire que lors d’une énième tentative d’entente Québec-Canada alourdie par l’infranchissable nouvelle formule d’amendement, les choses se passeraient autrement.

Ce n’est pas non plus de prétendre qu’on puisse être le porte-parole de bonne foi de deux projets antagonistes. C’est plutôt de mettre de l’avant avec vision, ferveur et conviction les mille et une fenêtres vers l’avenir qui seraient enfin ouvertes par l’indépendance du Québec, sans complexe ni hésitation. C’est d’assortir cette offre d’une critique limpide du très rigide fédéralisme canadien et d’une démonstration éloquente des promesses trahies de 1980-1982 et de 1990-2003 qui sont à la source du cul-de-sac tant déploré.

Si les députés Marceau, Therrien et Jean s’en sentent incapables, qu’ils changent de parti.

Christian Gagnon

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