Les services qui aident les jeunes à trouver un emploi seraient pour la plupart inefficaces.

C’est la conclusion d’une évaluation récente de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Seulement un service d’aide sur trois a un effet positif quelconque sur le niveau d’emploi des jeunes chômeurs ou sur leurs revenus. Donc, au moins 65 % des interventions ne changent rien à la situation. Parmi les interventions les plus fréquentes, le rapport mentionne le counseling d’emploi, l’aide au démarrage d’entreprise, la formation et les subventions salariales.

C’est pour dire le moins une bien mauvaise nouvelle quand on sait que, dans tous les pays membres de l’OCDE, les jeunes chôment bien plus que leurs aînés. Le taux de chômage moyen au sein de l’Organisation est de 7 %, mais atteint 13 % chez les jeunes. C’est donc 73 millions d’entre eux qui cherchent de l’emploi, parfois désespérément. Dans certains pays, comme le Portugal, la Grèce ou l’Espagne, la proportion de chômeurs parmi les jeunes dépasse 40 %.

Au Canada, le taux de chômage des jeunes est quasi identique à la moyenne de l’OCDE, soit 13,2 %. Cela signifie qu’environ un jeune sur huit est sans emploi, ce à quoi il faut évidemment ajouter ceux qui occupent des emplois précaires. Cette situation reflète leur vulnérabilité au chômage.

Lorsque l’emploi se fait rare, ceux qui en souffrent le plus sont ceux qui essaient d’entrer pour la première fois sur le marché du travail ou qui essaient d’y retourner. C’est évidemment pour cela que plusieurs services d’aide à l’emploi s’adressent à ces clientèles vulnérables, dont les jeunes, les nouveaux arrivants et les travailleurs mis à pied.

Les services d’aide à l’emploi ont peu d’influence sur les niveaux d’emploi et les revenus des jeunes, car seule la croissance économique peut augmenter les occasions d’emploi.

Pouvons-nous aider nos jeunes à sortir du chômage et de la précarité? Le ministre des Finances du Canada, Bill Morneau, semble en douter. Il affirmait tout récemment qu’il faudra s’habituer, au cours des prochaines années, à la précarité et aux difficultés d’emploi. Les raisons principales? La faible croissance économique présente du Canada et le fait qu’en ce moment on ne sait pas de quels secteurs pourrait venir un regain de croissance.

Or, si on en juge par l’expérience, les services d’emploi évalués par l’OCDE ont bien fonctionné dans le passé, lorsque l’économie et le niveau d’emploi augmentaient. Leurs interventions pouvaient alors plus aisément orienter les gens vers les emplois disponibles. Cependant, en eux-mêmes, ils ne peuvent servir de panacée au manque de croissance économique, car rien ne peut la remplacer. C’est elle qui crée des occasions pour permettre aux jeunes et aux moins jeunes d’intégrer le marché du travail.

C’est donc avec un gros grain de sel qu’il faut utiliser l’évaluation de l’OCDE des services d’aide à l’emploi. En effet, la plupart des pays membres expérimentent, comme le Canada, peu de croissance économique, ce qui réduit énormément l’efficacité. Cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas à remettre en question leurs interventions dans un marché changeant.

Aussi dans De bon conseil :

blog comments powered by Disqus