Le salaire minimum n’est pas qu’un outil pour sortir de la pauvreté: il peut aussi contribuer à la création de richesse.

Le salaire minimum au Québec est passé de 11,25$ à 
12$ l’heure hier. Il s’agit d’un gain de 0,75$, le plus important depuis 1997. Environ 230 000 petits salariés viennent donc de recevoir une augmentation de salaire significative. Même si cela ne fait pas que des heureux, selon moi, c’est une bonne chose.

Pour la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), cette hausse du salaire minimum fait augmenter les coûts pour plusieurs petites entreprises, où les salaires représentent la plus grosse dépense et dont les marges de profit sont faibles.

Donc, comme tous les 1er mai depuis 15 ans, la FCEI critique cette nouvelle hausse du salaire minimum qui forcera les employeurs à diminuer les embauches et à couper les heures de travail afin de joindre les deux bouts. De ce fait, augmenter le salaire minimum nuirait donc aux petits salariés plutôt que de les aider.

De l’autre côté du spectre, nombreux sont ceux qui croient que le salaire minimum est encore trop bas. À 
12$ l’heure, il ne s’agirait pas encore d’un salaire viable: il ne permettrait pas de sortir de la pauvreté ni de combler les besoins économiques, sociaux et même psychologiques.

Selon l’Institut de recherche et d’information socioéconomique (IRIS), pour être viable, le salaire minimum devrait plutôt s’établir entre 14$ et 
15$ l’heure. D’autres provinces canadiennes, soit l’Ontario et l’Alberta, se sont d’ailleurs engagées à le hausser à ce niveau au cours des prochains mois.

Une leçon d’Henry Ford
Henry Ford, l’industriel qui a créé les automobiles et l’entreprise du même nom, est aussi célèbre pour avoir un jour augmenté le salaire de tous ses employés de 2$ par jour. Dans les années 1920, ce n’était pas rien!

Il voulait bien sûr réduire le roulement de son personnel au profit de ses concurrents, mais il avait aussi pris conscience d’une grande vérité: plus les gens ont d’argent dans leurs poches, plus ils dépensent et plus ils achètent de voitures.

Plusieurs autres industriels l’ont ensuite imité. Le fordisme, comme on a baptisé cette approche, a ainsi contribué à la création de la classe moyenne telle qu’on la connaît aujourd’hui et à l’accroissement de la prospérité générale.

De la même façon, selon les calculs de l’IRIS, augmenter le salaire minimum à 15$ l’heure se traduirait au Québec par des retombées économiques diverses allant de 2,2 à 3,4G$, augmentant de ce fait notre richesse. Car plus les gens ont d’argent, plus ils dépensent.

Il est juste de dire, cependant, que les toutes petites entreprises auront de la difficulté à offrir de tels salaires. Il leur faudrait probablement une aide temporaire afin d’ajuster leurs pratiques.

Il n’en demeure pas moins qu’il nous faut continuer à augmenter le salaire minimum.

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