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Pour sortir de la pauvreté, il ne suffit pas d’obtenir un diplôme universitaire. Il faut surtout des compétences, comme celles que permettent d’acquérir les formations techniques et professionnelles.

«Allez à l’université, vous ferez plus d’argent» est un adage que j’ai entendu durant toute ma jeunesse, comme des milliers d’autres de ma génération. Nos parents, nos professeurs, les politiciens de l’époque… tout le monde était convaincu que le diplôme universitaire était le gage d’un emploi bien rémunéré et de l’accès à la classe moyenne.

Pendant longtemps, cette croyance a semblé correspondre à la réalité. Durant les années 1960 et 1970, un jeune homme (moins souvent une jeune femme) provenant d’un milieu modeste obtenait très souvent un emploi beaucoup mieux rémunéré que celui de son père après avoir obtenu un diplôme universitaire. Ceux qui se souviennent de la Révolution tranquille savent qu’à l’époque, il n’était pas rare de voir le fils d’un cultivateur devenir fonctionnaire, gestionnaire ou professionnel et gagner une rémunération nettement supérieure à celle de ses parents.

Ces beaux jours sont finis, n’en déplaise à certains qui restent convaincus que les longues études restent une garantie pour l’avenir. Aujourd’hui, il n’est plus possible de passer de la pauvreté à la classe moyenne en une génération, comme lors de la Révolution tranquille. Selon une étude récente de l’OCDE, au Canada, il faut maintenant quatre générations pour parvenir au même résultat. Ce n’est donc plus le fils du cultivateur qui a une bonne chance de faire mieux que ses parents et d’obtenir un revenu de classe moyenne. Ce sera plutôt son arrière-arrière-petit-fils.

L’ascenseur en panne
Or, l’université devait justement jouer le rôle d’ascenseur et permettre aux jeunes provenant de familles pauvres de s’élever sur l’échelle sociale. Plusieurs jeunes ont donc poursuivi des études dans l’espoir d’améliorer leur sort.

En effet, le nombre de diplômés universitaires n’a pas cessé d’augmenter depuis la Révolution tranquille. Depuis 1990, il a presque triplé, mais aujourd’hui, un diplômé sur trois occupe un emploi pour lequel il est surscolarisé, souvent à petit salaire. L’ascenseur est donc manifestement en panne et on ne sait pas s’il fonctionnera de nouveau. Ainsi, l’université est-elle un bon moyen de se sortir de la pauvreté? Ça dépend!

De nos jours, le diplôme universitaire en lui-même ne permet plus d’obtenir un emploi rémunérateur. Ce sont les compétences qu’il vous permet d’acquérir qui comptent. Les programmes qui conduisent à un emploi spécifique (par exemple, comptabilité, génie, santé) affichent de meilleurs taux de placement justement parce qu’ils vous enseignent les compétences dont vous aurez besoin au travail.

En dépit de ce constat, beaucoup de jeunes s’inscrivent à des programmes plus «académiques»: sciences sociales, arts et lettres, histoire… Ces programmes affichent de mauvais taux de placement, car ils ne préparent pas à un métier spécifique sur le marché du travail. On y enseigne des savoirs au lieu d’y enseigner des compétences. Il est souvent préférable de suivre une formation 
technique ou professionnelle.

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