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Les emplois non traditionnels auraient plus que doublé au Canada au cours des deux dernières années.

Plusieurs d’entre nous occupent encore un emploi traditionnel. Cela signifie que nous travaillons à temps plein, selon un horaire régulier, et que notre rémunération est prévisible et nous permet de combler nos besoins et ceux des proches dont nous sommes responsables.

Cela dit, ces emplois deviendraient de plus en plus rares. Nous semblons toujours plus nombreux à occuper des emplois non traditionnels. Notre vie au travail consiste en une suite de mandats temporaires, de travaux à la pige et d’autres activités à temps partiel. Nos horaires et notre rémunération changent d’une semaine à l’autre, nous rendant parfois incapables d’assumer nos obligations immédiates, vivant dans l’attente de la paie suivante.

Bien que les emplois non traditionnels existent depuis plus de 30 ans, nos statisticiens ne nous disent pas avec précision combien de travailleurs sont concernés. Lorsque beaucoup d’emplois sont créés, comme c’est le cas actuellement, nous n’avons aucun moyen de savoir s’il s’agit de «bons» emplois traditionnels ou de «mauvais» emplois non traditionnels.

Une étude de l’université d’Oxford vient jeter un certain éclairage sur cette économie de la pige. Les chercheurs ont analysé de juillet 2016 à novembre 2018, des sites internationaux qui offrent des emplois à la pige (Fiverr, Freelancer, Guru, etc.). Cela leur a permis de dénombrer, pour plusieurs pays et professions, un certain nombre de postes temporaires.

Leurs résultats montrent qu’au cours de ces deux années, le nombre d’emplois non traditionnels a augmenté de 26% à l’étranger, mais aurait plus que doublé au Canada. Cela indiquerait que bon nombre des nouveaux emplois font partie de l’économie de la pige. Si cette tendance se maintient, il faut croire que ce n’est qu’une question de temps avant que l’emploi traditionnel soit remplacé par ce genre de postes.

Il faut donc se méfier des statistiques. Lorsque la dernière Enquête sur la population active (EPA) nous annonce, par exemple, que 11 000 nouveaux emplois ont été créés au Canada en octobre, il ne faut pas imaginer que ce sont tous de «bons» emplois traditionnels. Il faut se méfier encore davantage des politiciens qui aiment reprendre ces chiffres pour démontrer l’efficacité des politiques de leur gouvernement.

Il devient donc absolument nécessaire de modifier les méthodes des enquêtes statistiques de façon à distinguer les emplois traditionnels des emplois non traditionnels. Autrement, nous allons continuer à nous raconter des blagues au lieu d’adapter nos politiques aux nouvelles réalités du marché du travail.

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