Pour l’adéquation entre la formation et l’emploi, il y a bien peu de gestes au-delà 
des discours.

Les employeurs se plaignent constamment du manque de diplômés en mesure de combler leurs besoins de main-d’œuvre. Nos élus, quant à eux, ne cessent de marteler l’importance de l’adéquation entre la formation offerte par les établissements et les besoins du marché du travail.

Pourtant, selon le tout dernier rapport de la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MESS) et les cégeps semblent s’en préoccuper bien peu.

Dans le deuxième chapitre, la vérificatrice se donne comme objectif d’établir si l’offre de formation technique au collégial est déployée de façon efficace. Rappelons qu’elle a pour mission de former les jeunes technologues dont notre économie spécialisée a tant besoin.

Or, la première chose que le rapport nous apprend, c’est qu’au cours des 10 dernières années, ni le ministère ni les cégeps n’ont mené d’analyse des besoins de main-d’œuvre des entreprises. Autrement dit, nous n’avons aucun moyen de savoir si un DEC technique donné produit trop ou trop peu de diplômés pour le marché du travail.

Pire, nous ne savons pas non plus si les apprentissages qui y sont proposés correspondent toujours à la réalité en emploi. Depuis leur conception, 90 des 112 DEC techniques n’ont jamais été révisés afin d’assurer cette pertinence. Les procédures de révision sont d’ailleurs si lentes que, selon certains, les exigences des emplois ont bien souvent changé entre le début et la fin de la révision, la rendant obsolète dès le début de son application.

Comble de malheur, lorsqu’une révision a bel et bien lieu, il n’y a pas de vérification suffisante de sa mise en œuvre, car le MESS n’a pas créé les outils nécessaires. Donc, il est possible que le DEC révisé, tel qu’il existe sur papier, et celui qui est offert aux étudiants soient bien différents.

À quoi donc riment tous les beaux discours sur l’importance d’arrimer la formation aux besoins de main-d’œuvre? À vraiment pas grand-chose! Il y a loin de la coupe aux lèvres, comme le dit l’adage.

Pourtant, il ne faut pas se surprendre de tout cela. Les cégeps, voyez-vous, ne sont pas payés pour préparer les jeunes à l’emploi. Ils sont payés pour avoir des étudiants, tout simplement! Plus il y a de jeunes assis sur les bancs d’un cégep, plus la subvention du MESS sera importante. Les cégeps se préoccupent donc bien plus du nombre de leurs étudiants que de l’arrimage de leurs programmes au marché du travail.

Justement, le nouveau gouvernement caquiste vient de commencer une révision du mode de financement des cégeps. Quant à moi, je crois qu’il n’y a pas d’autre choix que de financer les programmes plutôt que les établissements, et ce, en fonction de leur adéquation au marché du travail.

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