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Les appels se sont multipliés pour que le gouvernement discute des frais de scolarité avec les étudiants. Son entêtement était devenu dangereux! Au moins, ils ont entamé, lundi, des négociations.

L’escalade évoquée dans ma dernière chronique a malheureusement eu lieu. Les étudiants ont continué de manifester leur mécontentement, de façon souvent agressive, tout au long de la semaine dernière. Leur dernier geste d’éclat a été d’envahir le Palais des congrès alors que le premier ministre Jean Charest inaugurait le Salon Plan Nord, initiative qui fut durement réprimée par les forces policières.

Devant la tournure des événements, c’est à peine si on a discuté des frais de scolarité dans la presse la semaine dernière. Il en sera encore question bientôt, sans doute, surtout maintenant que le gouvernement a ouvert le dialogue avec les étudiants.

Entre autres, le recteur de l’Université de Montréal, Guy Breton, faisait valoir que la solution au conflit ne pouvait venir que d’une ouverture à «l’autre bout de la 20», une allusion évidente à la colline parlementaire. Également, un rassemblement de personnalités aussi diverses que Claude Béland, Jean Cournoyer et Gérald Larose a imploré le gouvernement de suspendre sa décision d’augmenter les frais de scolarité et de s’asseoir avec les étudiants pour une franche discussion. Ces leaders s’expliquaient mal l’intransigeance du gouvernement et son refus entêté de discuter, sans pareil selon eux dans l’histoire du Québec. Plusieurs autres ont adressé au gouvernement des requêtes similaires en signant des chroniques et d’autres tex-tes dans les journaux.

Le gouvernement Charest se comporte dans ce dossier de façon très autoritaire. Il répète que sa décision est prise et qu’il ne reste plus qu’à s’y conformer. Il semble faire fi du droit démocratique des étudiants à exprimer leur désaccord. En fait, il est permis de se demander s’il prend la situation au sérieux, surtout si on en juge par les commentaires désinvoltes du premier ministre au Palais des congrès vendredi.

Cette grève dure depuis 10 semaines dans certains établissements, et non seulement la situation ne bouge-t-elle pas, mais elle s’est en outre enlisée dans le bourbier de l’insensibilité de nos élus. On ne peut s’empêcher de comparer le manque de flair démocratique du gouvernement et l’approche de la CLASSE, qui a attendu de consulter ses membres en bonne et due forme avant de répondre à l’injonction de la ministre Beauchamp de condamner certains gestes regrettables. Il semble que nos étudiants comprennent mieux que nos élus l’importance du processus de consultation pour assurer le bon fonctionnement d’une société démocratique.

Il n’y a pas de doute que le gouvernement croit son intransigeance justifiée, mais la ligne dure est devenue de plus en plus dangereuse. Il n’y a plus d’autre choix que de remettre sur la table la question des frais de scolarité et de commencer peut-être à réfléchir à de nouvelles façons de réduire les coûts de l’enseignement supérieur.

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