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S’il y a pénurie dans les domaines du génie ou de l’informatique, elle pourrait bien être attribuable à la faiblesse des salaires.

Avez-vous l’impression qu’on ne vous paie pas ce que vous valez? D’après une étude récente du professeur Thijs van Rens, économiste à l’Université de Warwick, il est bien possible que vous ayez raison.

Cette recherche a consisté à examiner les salaires offerts par les employeurs pour divers postes de haut niveau de compétences techniques aux États-Unis. Il s’agissait donc de postes dans les domaines de l’informatique et du génie, au sein desquels les employeurs nous disent éprouver des difficultés à trouver des candidats qualifiés, et ce depuis des années.

Or, les données sur les salaires ne montrent pas de pénurie. Normalement, si une compétence devient rare, son «prix», ou si vous préférez la rémunération que l’employeur est prêt à offrir pour embaucher ou conserver celui qui la possède, devrait augmenter. Donc, s’il y avait une pénurie de gens formés en informatique et en génie comme les employeurs le prétendent, les salaires qui leur sont offerts auraient dû devenir plus alléchants, surtout pour certaines compétences techniques très rares. Or, selon l’économiste, ce n’est pas ce qu’on observe. Les salaires dans ces domaines restent stables ou n’augmentent que très peu depuis plusieurs années.

Les employeurs seraient-ils donc des avares, qui veulent engager le candidat idéal sans pour autant délier les cordons de leur bourse? Il est permis de le penser. Un sondage américain montre que, toujours dans les domaines du génie et des technologies, la raison primordiale pour laquelle les candidats refusent les postes qui leur sont offerts est le salaire de départ qu’ils jugent insuffisant. Selon ce même sondage, le manque de progression salariale est aussi la raison principale pour laquelle les employés quittent un poste.

Depuis des années, les employeurs encouragent les jeunes à se former en sciences et en technologies parce que, disent-ils, il y a pénurie de candidats dans ces domaines. Nos gouvernements reprennent souvent ce refrain. Or, selon cette recherche, il faudrait plutôt dire qu’il y a pénurie de candidats qui, à la fois, possèdent les compétences recherchées et sont également prêts à vendre leurs précieux services pour un salaire insuffisant. Dans ce cas, il faut conclure que la pénurie de main-d’œuvre dans ces domaines est en bonne partie créée par les politiques salariales des employeurs, plutôt que par le manque d’employés qualifiés.

Plutôt que d’encourager les établissements à former plus d’ingénieurs et de technologues, les employeurs devraient donc augmenter les salaires. Mais attention : il ne faut toutefois pas en conclure que pénurie de main-d’œuvre rime toujours avec salaires insuffisants. Plusieurs programmes de formation techniques ne réussissent pas à répondre aux besoins du marché et les emplois auxquels ils conduisent sont souvent bien payés. Comme toujours, il faut se renseigner sur les débouchés de chaque programme en particulier.

Et vous, croyez-vous être payé à la hauteur de vos compétences?

Salaires trop bas?
Les employeurs encouragent les jeunes à se former en sciences et en technologies en disant qu’il y a pénurie de candidats. Nos gouvernements reprennent souvent ce refrain. Or, il faudrait plutôt dire qu’il y a pénurie de candidats qui, à la fois, possèdent les compétences recherchées et sont également prêts à vendre leurs précieux services pour un salaire insuffisant.

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