Métro Au Canada, comme partout dans le monde, les revenus et la valeur nette des 10 % des citoyens les plus riches se sont accrus considérablement au cours des 30 dernières années.

Les Canadiens dans la trentaine seraient aujourd’hui plus riches que les trentenaires des générations précédentes.

C’est la conclusion d’un rapport non publié produit par des chercheurs du ministère des Finances du Canada et dont Radio-Canada a rapporté les résultats la semaine dernière. Selon l’étude, les Canadiens nés dans la première moitié des années 1980, qui sont donc aujourd’hui dans la trentaine, afficheraient une valeur nette moyenne de 93 000 $. Une fois ajustée pour l’inflation, cette valeur est supérieure à la valeur nette moyenne des Canadiens du même âge nés avant 1980, qui n’a jamais dépassé 60 000 $.

Rappelons-le, on obtient la valeur nette en additionnant tous les acquis financiers d’une personne (propriété, épargne, autres biens et valeurs) et en soustrayant toutes les dettes et obligations (hypothèque, cartes de crédit, autres dettes).

C’est là une nouvelle pour le moins surprenante. Comme il en a été souvent question dans cette chronique, les jeunes diplômés éprouvent de grandes difficultés à trouver des emplois assurant un revenu stable. La précarité est plus commune chez eux que chez les travailleurs plus âgés. Ils sont également plus nombreux à occuper des emplois pour lesquels ils sont surscolarisés et dont la rémunération est faible. Par quel miracle ont-ils donc réussi à accumuler une valeur nette moyenne aussi élevée au début de leur trentaine?

En fait, ils n’y réussissent pas, du moins pas la plupart d’entre eux. Ce qui se passe, c’est que la valeur nette d’un petit groupe de jeunes adultes élève la moyenne de tous les autres. Imaginons neuf personnes dont la valeur nette moyenne est de 18 000 $. Si on ajoute à ce groupe une 10e personne dont la valeur nette est beaucoup plus élevée, disons 250 000 $, la moyenne de la valeur nette de l’ensemble du groupe passe à 41 000 $, une augmentation de 227 %.

Pourtant, la valeur nette des neuf premiers demeure toujours aussi faible.

Au Canada, comme partout dans le monde, les revenus et la valeur nette des 10 % des citoyens les plus riches se sont accrus considérablement au cours des 30 dernières années. Selon une étude du Centre canadien des politiques alternatives, utilisant des données de Statistique Canada, c’est particulièrement le cas des 10 % des jeunes adultes les plus fortunés. En 2012, la valeur nette moyenne des jeunes dans la vingtaine de ces 10 % était de 540 000 $, une augmentation de 95 % depuis 1999. Pour les trentenaires, en 2012, la valeur nette moyenne atteignait 740 000 $. En comparaison, ces mêmes jeunes adultes, lorsqu’ils font partie de la classe moyenne, affichent une valeur nette de moins de 10 000 $.

Les chiffres ne mentent pas, mais mal compris, ils peuvent nous tromper. Si la valeur nette moyenne des jeunes adultes paraît si élevée, ce n’est pas parce que la plupart d’entre eux sont plus riches qu’auparavant, mais bien parce qu’une minorité est très fortunée, alors que la grande majorité d’entre eux n’a presque aucune valeur nette.

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