Métro De nos jours, les parents s’attendent de plus en plus à ce que leurs enfants reçoivent des établissements le soutien pédagogique dont ils ont besoin pour réussir.

Le budget Leitão reflète les nouvelles attentes de la population envers les cégeps et les universités : plus de soutien pédagogique et une meilleure insertion des jeunes en emploi.

Le budget du ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, n’a pas retenu l’attention autant que ceux du passé, les médias ayant tourné leur attention, de façon compréhensible, sur l’arrestation-choc de Nathalie Normandeau. C’est fort dommage, car ce budget reflète bien les nouvelles attentes envers l’enseignement collégial et universitaire.

À une époque pas si lointaine, peu de gens poursuivaient des études universitaires ou même collégiales.  Celles-ci étaient réservées à un petit groupe d’individus qui en avaient les moyens, tant sur le plan cognitif que sur le plan financier. En conséquence, on ne se préoccupait pas trop de savoir si ces personnes réussissaient leurs études ou pas. Bien sûr, il y a toujours eu des professeurs dévoués qui cherchaient à aider les étudiants à risque d’abandonner leurs études. Quand, au bout du compte, un jeune décrochait, l’établissement n’intervenait pas pour le ramener au bercail. C’était, après tout, son droit de ne plus se prévaloir du privilège d’une éducation supérieure.

Encore aujourd’hui, certains professeurs ne semblent guère se soucier de la réussite de leurs étudiants. Mais cette attitude deviendra bientôt difficile à conserver, car les attentes envers les cégeps et les universités changent.

De nos jours, les parents s’attendent de plus en plus à ce que leurs enfants reçoivent des établissements le soutien pédagogique dont ils ont besoin pour réussir. Fini l’époque où on disait aux jeunes qu’ils devaient se comporter de façon autonome dès qu’ils avaient franchi le seuil du cégep ou de l’université. Aujourd’hui, même si vous souffrez à la fois de dyslexie chronique et de troubles de l’attention, vous avez le droit non seulement de vous inscrire à l’université comme les autres, mais aussi de recevoir éventuellement un diplôme. Les établissements sont tenus responsables de votre réussite.

En conséquence, le budget Leitão prévoit des investissements de 100 M$ pour l’embauche de personnel chargé de l’aide à la réussite. Or, environ 10 % de cette somme est réservé à l’offre de ce type de services au collégial et à l’université. Les établissements devront-ils bientôt proposer un soutien pédagogique semblable à celui qu’on trouve au secondaire? Est-ce le début de la fin de l’étudiant autonome, responsable de son propre cheminement scolaire? Si oui, plusieurs établissements auront de grandes difficultés à s’adapter.

De même, les établissements collégiaux et universitaires, qui offrent depuis longtemps des services de placement à leurs diplômés, n’ont jamais voulu que l’emploi et le placement deviennent le centre de leur mission. Or, et on l’observe partout en Amérique du Nord, on s’attend de plus en plus à ce qu’ils préparent les jeunes à l’emploi, et même à ce qu’ils les guident dans leurs premiers pas sur le marché du travail. Dans le budget Leitão, 26 M$ sont prévus pour les initiatives favorisant l’insertion professionnelle des diplômés et l’adéquation entre la formation et l’emploi. Quelque 20 % de ces sommes sont réservées aux cégeps et aux universités.

Comment les établissements feront-ils face à ces nouvelles attentes sociales?

À suivre de près!

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