Getty Images De façon générale, les emplois des secteurs de la vente au détail, du soutien administratif et du transport seront les plus durement affectés, de même que les emplois manuels plus ou moins routiniers.

Selon des manchettes récentes, 36 % des emplois au Québec seront occupés par des machines dans un avenir rapproché. Faut-il y croire?

Le nouvel Institut Brookfield pour l’innovation et l’entrepreneuriat, associé à l’Université Ryerson, a fait paraître au milieu du mois une étude sur l’automation et l’emploi. L’institut prédit qu’environ 42 % des emplois canadiens seront affectés par l’automation au cours des 20 prochaines années, ainsi que 36 % des emplois québécois.

Il s’agit là de chiffres énormes qui peuvent susciter bien des angoisses. Imaginez ce que deviendraient les familles québécoises si plus d’un travailleur sur trois perdait son emploi et ne pouvait en trouver un autre, puisque le gros du travail serait dorénavant accompli par des machines. Comment les gens pourraient-ils pourvoir à leurs besoins?

Lorsqu’on lit l’étude avec soin, cela dit, on se rend vite compte que le scénario présenté n’est pas aussi apocalyptique que celui que je viens de décrire.

D’abord, les prédictions faites par l’étude portent sur les 20 prochaines années. On peut s’attendre à ce que certains emplois soient automatisés plus rapidement que d’autres, mais il s’agit malgré tout d’un processus graduel. Cela donne le temps de se préparer à cette quatrième révolution industrielle, comme on désigne maintenant cette nouvelle vague d’automation.

Ensuite, l’étude ne dit pas que 36 % des emplois seront occupés par les robots ou l’intelligence artificielle, mais bien qu’ils seront affectés par les changements engendrés par cette révolution. C’est qu’au sein d’une même fonction, si certaines tâches peuvent facilement être accomplies par une machine, d’autres devront toujours être faites par un être humain. Certains emplois comprenant beaucoup plus de tâches «programmables» que d’autres seront plus durement touchés. Le rapport indique par exemple que si 86 % des tâches normalement réalisées par un technicien comptable peuvent être automatisées, ce n’est le cas que de 12 % de celles d’un comptable professionnel.

Ainsi, certains emplois présentent un risque important d’être automatisés, d’autres, un risque moindre. Ce risque peut être évalué pour une grande quantité d’emplois à l’aide d’une méthodologie développée par l’institut. À titre d’exemple, ce risque est faible pour les organisateurs d’événements (9 %), les consultants (7 %) ou les acheteurs (2 %). Il est au contraire élevé pour les boulangers (98 %), les tailleurs (96 %) et les bouchers (93 %). De façon générale, les emplois des secteurs de la vente au détail, du soutien administratif et du transport seront les plus durement affectés, de même que les emplois manuels plus ou moins routiniers.

Donc, selon la nature précise de votre emploi, il se pourrait bien que votre travail reste inchangé au cours des 20 prochaines années et que vous puissiez faire une longue carrière.

Les jeunes qui souhaitent participer à cette révolution pourraient choisir une formation dans le domaine des technologies. Ils pourraient aussi opter pour des emplois qui ne comprennent que peu de tâches programmables, par exemple ceux qui demandent une grande créativité ou d’excellentes habiletés relationnelles.

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