Scandale des scandales, un enseignant de musique d’une école primaire de Sorel-Tracy décide de faire chanter à ses élèves l’Hymne à l’amour d’Édith Piaf et, si j’ai bien compris, il se fait censurer… par lui-même. La raison? La chanson mentionne Dieu. J’ai-tu dit scandale

Heureusement, les parents et le public veillent au grain, la ministre de l’Éducation s’en mêle, celle de la Culture en rajoute, l’opposition officielle s’indigne, la presse internationale s’en empare et l’Église catholique de Québec réagit. Il ne manque plus qu’une résolution du conseil de sécurité de l’ONU pour que l’enseignant soit crucifié comme il se doit. Je vous vois croiser les doigts pour que la Russie et la Chine n’y opposent leur véto.

Permettez-moi de venir à la défense de ce pauvre enseignant qui n’a fait qu’appliquer ce que la société lui demande : protéger les enfants de la société. Je trouve même qu’il aurait pu insister sur plusieurs autres bonnes raisons de soustraire ses élèves à cette chanson.

Alors, pour éviter que l’histoire ne se répète, je vous offre les 10 raisons de censurer L’Hymne à l’amour une fois pour toutes.

  1. Contre les changements climatiques

 « Le ciel bleu sur nous peut s’ effondrer »

Édith Piaf commence fort, vous ne trouvez pas? Que veut-elle nous dire vous pensez? Exactement!, la pollution peut bien détruire la planète dans l’indifférence générale. Même si Nathalie Elgrably-Lévy a décrété récemment dans le Journal de Montréal que toute cette histoire des changements climatiques n’était que maudits mensonges, ne prenons aucune chance et interdisons L’Hymne à l’amour. Sinon, en plus de contribuer à la destruction pure et simple de notre environnement, l’école où elle jouera risque de perdre son accréditation d’établissement vert Bruntland, ce qui serait dramatique.

  1. En faveur des tremblements de terre

« Et la terre peut bien s’ écrouler »

On n’est qu’au 2e vers de la chanson et celle-ci veut provoquer davantage de catastrophes naturelles. Les centaines de milliers de victimes des tremblements de terre méritent considération, respect et honneur. Qu’on en souhaite d’autres est absolument odieux. Avons-nous déjà oublié ceux d’Haïti? Un peu plus et Piaf se bidonne devant le spectacle de p’tits Noirs dans les camps de réfugiés de Port-au-Prince. Non mais! Où est Michaëlle Jean quand on a besoin d’elle?

  1. Prône la haine et l’indifférence

« Peu m’ importe si tu m ‘aimes

je me fous du monde entier »

Se foutre du monde, voilà un concept diamétralement opposé aux valeurs de partage et de solidarité que devrait véhiculer l’école québécoise. Le vivre-ensemble est l’élément clé, le socle commun, du milieu de vie des équipes-écoles de nos institutions d’enseignement pré-collégiales. Indignons-nous et interdisons cet Hymne à la haine qui s’ignore.

  1. Propose une vision dégradante de la femme

« Tant qu’ l’amour inondera mes matins

Tant que mon corps frémira sous tes mains

Peu m’importent les problèmes

Mon amour puisque tu m’aimes »

C’est quand on entend de tels propos qu’on regrette amèrement la disparition de l’émission l’Amour avec un grand A à Radio-Québec. S’appuyant sur cette chanson, Janette Bertrand nous aurait rappelé qu’une relation n’est saine que si les deux composants du couple (ou les 3) peuvent s’apprécier d’égal à égal (à égal). Car que nous dit Édith Piaf de sa voix enrouée et triste? Que la femme ne devrait être considérée que par son corps! La femme devrait être, selon elle, soumise à l’amour masculin par l’oblitération de ses propres sentiments et accorder une importance démesurée à ceux de l’homme. Ce n’est pas rien, mesdames et mesdemoiselles. Québécoises deboutte!

  1. Encourage l’hypersexualisation de la femme

« J’irais jusqu’ au bout du monde

Je me ferais teindre en blonde

Si tu me le demandais »

Oh la la! Il est clair qu’ici, notre Piaf ne suggère rien de moins que les femmes redeviennent des objets pour mieux se faire opprimer par les hommes. Cette chanson réactualise les stéréotypes de la beauté féminine : « les blondes pognent plus, devenons des blondes », nous dit-elle sans détour. Ne la laissons pas faire, lançons un message positif aux jeunes filles, encourageons-les à s’apprécier telles qu’elles sont et nous contribuerons à renforcer leur estime de soi. En proscrivant cette odieuse chanson, nous nous assurons que Françoise David n’ait pas brûlé, naguère, les plus coquets de ses soutiens-gorge pour rien.

  1. Pousse à la criminalité

« J’irais décrocher la lune

J’irais voler la fortune

Si tu me le demandais »

Ne soyons pas dupes, l’amour dans cette chanson n’est qu’un prétexte pour dépouiller les autres de leurs biens durement gagnés à la sueur de leur front. Faut en avoir tout autour de la tête pour inciter notre belle jeunesse à voler impunément la propriété privée d’autrui. Elle propose l’anarchie et un renversement de notre état de droit, la madame. Répondons-lui : non, merci!

  1. Fait preuve d’antinationalisme primaire

« Je renierais ma patrie »

Un hymne ne devrait exister que pour célébrer notre beau pays le Canada et non pour l’attaquer de manière aussi lâche. Renier notre patrie, c’est en quelque sorte vouloir du mal à la Reine d’Angleterre mais aussi à un séparatiste comme Justin Trudeau. Nos écoliers devraient fêter le Jubilé de la Reine et non jubiler devant une telle chanson insolente.

  1. Contre l’amitié

« Je renierais mes amis

Si tu me le demandais

On peut bien rire de moi

Je ferais n’importe quoi

Si tu me le demandais »

Voilà ce que nous chante la Môme. Mais les nôtres ne devraient jamais entendre de telles paroles subversives. Les amis, c’est ce qu’il y a de plus important, n’importe quel passionné de Passe-Partout vous le dira. C’est grâce à l’impulsion de cette émission qu’on a, par ailleurs, remplacé les mots « camarades », « élèves », « enfants », par le terme générique « lezamis ». Ne laissons pas pareil progrès disparaître par la faute de cette vieille grébiche qui veut nous ramener 50 ans en arrière, cette époque révolue où les amitiés étaient encore à bâtir sans l’intervention des éducatrices et d’enseignants dûment formés par le ministère de l’Éducation du Loisir et du Sport.

  1. Incite au suicide

« Si un jour la vie t’arrache à moi

Si tu meurs que tu sois loin de moi

Peu m’importe si tu m’aimes

Car moi je mourrai aussi

Nous aurons pour nous l’éternité

Le sénateur Boisvenu et Piaf, même combat. Un peu plus et Piaf propose qu’on mette une corde dans le boudoir de chaque amant désenchanté. Il est scandaleux que quelques jours après la Semaine d’action contre le suicide, on soumette nos élèves à un message aussi dangereux.

  1. Exhorte au prosélytisme

« Dans le bleu de toute l’immensité

Dans le ciel plus de problèmes

Mon amour crois-tu qu’on s’ aime

Dieu réunit ceux qui s’aiment »

S’il ne devait y avoir qu’une seule raison de censurer cette chanson, la voilà. Il n’y a pas de doute, Édith Piaf fait du prosélytisme éhonté et il y en a qui voudraient soumettre nos enfants vulnérables à pareille épreuve. Bien que Dieu soit partout, il ne devrait être bienvenue nulle part, certainement pas dans un spectacle d’école. Ne nous laissons pas attendrir par lui, n’ayons aucune pitié, même s’il essaye de nous faire des yeux doux en nous parlant d’Amour. N’oublions pas, c’est lui qui l’a cherché avec ses déluges à la con, ses inquisitions et ses confessionnaux trop intimes.

***

Vous voilà maintenant avertis, ne me remerciez pas. Je partage malgré tout la chanson avec vous, mais promettez-moi de coucher les enfants avant d’appuyer sur « play ».

blog comments powered by Disqus