Il y a quelques semaines, nous apprenions qu’une patiente de l’hôpital Royal-Victoria a dû engager une traductrice à ses frais car elle était incapable de se faire servir en français. Aujourd’hui, c’est l’émission J.E. qui rapporte qu’un homme de 72 ans hébergé dans une résidence privée pour personnes âgées à Lasalle avec sa conjointe souffrant d’Alzheimer, a quitté l’établissement deux mois après son arrivée parce qu’il ne réussissait pas à se faire comprendre en français.
J’entends déjà votre réaction devant ce scandale épouvantable: c’est fou, c’est rendu que même les Alzheimers se mettent à la chasse à l’Anglais, cette activité encore fort populaire de nos jours, quoique courageusement dénoncée par des citoyens du monde modèles.
Rassurons-nous, ces vieillards québécois unilingues, fermés sur le monde et franchement intolérants, laissent tranquillement leurs places à une génération ouverte d’esprit, compétitive et full bilingue – et même trilingue – qui est capables d’écouter Mad Men sans sous-titres et qui peut commander un cosmo dans les bars branchés de New York sans trahir ses origines rustres.
Heureusement, au moment où nous nous souviendrons plus des noms de nos enfants et jusqu’à notre lit de mort, nous pourrons causer dans un anglais impeccable avec les infirmières, le croque-mort et peut-être même avec ce cher saint Pierre devant les portes du paradis.
Nous pourrons alors remercier tous nos décideurs d’avant-garde qui nous auront procuré des cours d’anglais dès la première année du primaire, de l’anglais intensif en 6e année, sans parler de cette maîtrise tout en anglais aux HEC . Dire qu’ils se sont même assurés que nous pourrons pratiquer notre anglais quotidiennement dans les dépanneurs (voir vidéo plus bas), les magasins du centre-ville de Montréal et même le McDo de Sept-Îles .
Disons-leur merci dès aujourd’hui pendant que nous nous souvenons encore de leurs noms.