Pierre Brassard | www.pierrebrassard.com Pas de doux crescendo, mais une arrivée spectaculaire sur la scène de notre hiver qui n’a pas encore tout à fait disparu.

Chaque semaine, la journaliste et animatrice Julie Laferrière et l’humoriste, animateur et illustrateur Pierre Brassard posent un regard original sur les usagers du transport en commun.

Ligne 55, direction nord. Nous sommes mercredi, il est 16h40.

Brutal, frontal, puissant: il est comme ça, notre printemps 2015.

Pas de doux crescendo, mais une arrivée spectaculaire sur la scène de notre hiver qui n’a pas encore tout à fait disparu.

Il est arrivé tel Bono au milieu du Centre Bell; sans effets spéciaux ou projections sur écran géant. Son charisme de saison superstar suffit, à lui seul, à épater la galerie.

C’est donc dans ce décor et ce climat un peu magiques que se déroule une scène aussi romantique que surréaliste. Étant assise près de la porte avant, je suis aux premières loges pour l’apprécier.

Une super jolie jeune fille d’environ 18 ans, queue de cheval soyeuse et yeux verts, s’apprête à descendre coin Saint-Joseph et Saint-Laurent.

À ce même arrêt attend un tout aussi super joli garçon, sensiblement du même âge.

À l’ouverture des portes, alors que la passagère entame la descente des marches, le garçon l’aperçoit et s’exclame: «Ariane! Tu es revenue!?» La jeune fille a tout juste le temps de poser sa main sur le bras du jeune homme, de le regarder droit dans les yeux et de lui offrir le plus beau des sourires en guise de réponse, car le chauffeur presse cette dernière de descendre et le garçon de monter. Les deux s’exécutent, littéralement à reculons, afin de pouvoir étirer de quelques secondes de plus cette trop brève rencontre.

Le jeune homme s’assied en face de moi. Il a les joues écarlates. Il ne sait pas trop quoi faire de son émoi.

Et comme quiconque de nos jours qui ne sait pas comment occuper son corps ou son esprit, il prend son téléphone intelligent afin de se changer les idées. Mais de toute évidence, ses idées ne se laissent pas chasser aussi facilement.

Il suit alors un élan qui le pousse à poser un geste spontané. Il fait un appel. Se heurte à une boîte vocale, mais ne se décourage pas pour autant.

«Ariane… c’est Thomas, on vient de se croiser. J’savais pas que t’étais revenue de Paris… c’est cool. Je me demandais si… si… ben si ça te tentait qu’on se voit. Peut-être demain après-midi? J’ai pas de cours… Oups… Il faut que je te laisse, j’ai une autre ligne. J’ai toujours le même numéro. Bye.»

Il prend sa seconde ligne et écarquille les yeux de surprise et, surtout, de joie. C’est elle, Ariane, qui au même moment l’appelle, suivant aussi son impulsion.

Ils se verront. Demain.

Aujourd’hui ce n’est pas le printemps qui se donne en spectacle. Il est plutôt le metteur en scène de cette belle rencontre… et il fait rougir les joues.

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