Ne vous inquiétez pas! L’inspecteur viral ne dit pas que l’image de la chaîne de restauration rapide PFK, le Colonel Sanders, n’existe pas! Le grand-père de la friture, le Colonel Harland Sanders a vraiment existé. Eh oui, il avait vraiment l’air de ça.

Mais si on croit cette vidéo «inspirante», sa vie a été plutôt triste:

Ah! Pauvre petit chou!

En fait, cette vidéo donne l’impression que le Colonel était en quelque sorte un loser éternel qui a réalisé, en fin de vie, qu’on pouvait chevaucher son rêve, telle une licorne, pour atteindre une contrée éternelle nommée «succès» (ok, l’inspecteur ne sait pas trop où il s’en allait avec cette métaphore… passons à autre chose).

Pourtant, la vérité était tout autre, et infiniment plus intéressante. Après avoir passé une soirée à faire des recherches sur le Colonel Sanders (l’inspecteur a des passe-temps bizarres), l’inspecteur peut dire sans équivoque que ce personnage mérite pas mal mieux qu’une petite vidéo pour nous faire pleurer. Passons donc une à une les affirmations de ladite vidéo pour rétablir les faits. (L’inspecteur se base sur ce profil de Harland Sanders paru dans les pages du magazine The New Yorker en 1970 pour ce qui suit, à moins d’indication du contraire.)

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FAUX: Le père du Colonel est mort alors que ce dernier avait six ans, et non cinq.

FAUX: Le Colonel a quitté l’école en 7e année, à l’âge de 12 ans. La raison? Il ne comprenait pas le but de l’algèbre. Sérieux.

???: Difficile de vérifier cette information. Mais il est vrai que le Colonel a eu plusieurs emplois de son vivant. Entre l’âge de 15 et 40 ans, il a été tour à tour (prenons une grande respiration… ): conducteur de tramway, soldat, pompier, avocat, vendeur d’assurances, propriétaire et opérateur d’un traversier (???), secrétaire de la Chambre de commerce de Colombus, dans l’État de l’Indiana, propriétaire d’une entreprise qui fabriquait des lampes à l’acétylène, vendeur de pneus et gérant de station-service.

En fait, comme le fait remarquer Chris Plante sur le site The Verge (Merci à lui d’avoir mis l’inspecteur sur la piste!), le Colonel ne semble pas avoir «perdu» ces emplois, mais semble plutôt avoir souvent changé de boulot par ennui.

En fait, le Colonel a bel et bien perdu son emploi en tant qu’avocat (et à noter qu’il a obtenu son Barreau après avoir suivi des cours de Droit par correspondance) après s’être battu avec son propre client en pleine cour. Sans farce.

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VRAI: Le Colonel s’est marié avec sa première épouse, Josephine King, en 1908, à l’âge de 18 ans.

FAUX: Le Colonel a eu trois enfants avec son épouse. Il n’y a aucune indication qu’elle l’ait quitté. Comme on verra plus bas, c’est plutôt l’inverse qui est arrivé.

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FAUX: En fait, le Colonel a fait une fausse déclaration à l’âge de 16 ans pour se joindre à l’armée. Il a quitté une année plus tard. Il avait donc quitté l’armée deux ans avant de rencontrer son épouse. De plus, il n’y a aucune indication qu’il ait été laveur de vêtements. Il semble plutôt avoir été un conducteur de camion dans l’armée.

À noter que Harland Sanders n’était pas colonel dans l’armée. «Colonel» est un titre honorifique décerné par l’État du Kentucky aux citoyens influents et importants. M. Sanders est devenu un Colonel en 1935, à l’âge de 45 ans.

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FAUX: En cours de chemin, le Colonel s’est fait une maitresse, Claudia Ledington-Price. Il a finalement divorcé son épouse en 1947 après 39 ans de mariage pour épouser sa maitresse. Le Colonel n’a pas été «cuisinier dans un petit café». Il a plutôt commencé sa carrière culinaire en servant de la nourriture aux clients qui s’arrêtaient à la station-service dont il était le gérant. Il s’est graduellement fait une renommée auprès des automobilistes en quête d’une bouchée rapide.

ARCHI-FAUX: Le Colonel n’a jamais pris de retraite. En fait, il travaillait encore un mois avant sa mort, à l’âge de 90 ans. Tout de blanc vêtu, le Colonel parcourait 200 000 miles (322 000 km) par année pour faire des visites surprises dans les franchises de PFK pour inspecter la qualité de la nourriture (à noter qu’il n’était plus le propriétaire de PFK depuis 17 ans). Un citation du Colonel à propos du travail: «Tu vas rouiller beaucoup plus vite que tu ne vas t’user». En gros: c’était un homme obsédé par le travail. Retraite? Pfffffffff (lol)

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FAUX: Aucune indication que cela ne se soit produit. En fait, avant de se lancer en restauration rapide, le Colonel avait connu un certain succès en affaires. Vers le début des années 1920, il a vendu ses parts dans la compagnie de traversier pour quelque 22 000$ (310 000$ en 2016). Et comme on l’a vu plus haut, l’État du Kentucky l’a nommé Colonel en 1935. On ne décerne pas ce titre à quelqu’un qui a connu seulement des échecs.

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VRAI: Le Colonel était considéré un prodige en cuisine à l’enfance. Il était aussi assez confiant de ses habilités culinaires. Il n’était pas rare pour lui d’affirmer qu’il était le seul à pouvoir faire une bonne sauce PFK, traitant la version de ses franchisés de «colle pour papier-peint».

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FAUX: Comme l’inspecteur l’a indiqué plus haut, le Colonel a débuté sa carrière en servant de la bouffe dans sa station-service. Après quelques essais en restauration, il a décidé de franchiser sa recette de poulet frit. Il a bel et bien fait du porte-à-porte, mais il s’agissait plutôt de visiter des restaurants pour vendre sa recette, en échange de laquelle les restaurateurs lui verseraient 5 sous pour chaque poulet vendu. Il ne vendait pas du poulet de porte-à-porte.

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FAUX: Le Colonel n’a jamais été milliardaire. En 1964, alors que PFK avait déjà 600 franchises aux États-Unis et au Canada, le Colonel a vendu l’entreprise pour 2M$ (15,5 M$ en 2016). L’entreprise lui a versé un salaire annuel de 70 000$ par la suite. PFK Canada lui a aussi versé un salaire de 60 000$. C’est beaucoup d’argent, mais il n’a jamais été un milliardaire.

Alors voilà. La vidéo le dépeint comme un pauvre type dont on devrait avoir pitié, qui a pu atteindre son rêve un peu malgré lui. En réalité, le Colonel Sanders était un homme d’affaires futé et fort travaillant qui a connu la fortune assez tard dans sa vie, certes, mais qui a vraiment tout fait pour l’atteindre.

La réalité est plus inspirante, n’est-ce pas?

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