Hey! Ça faisait un bout que l’inspecteur viral n’avait pas parlé de ses amis, le groupe anti-tout-ce-qui-n’est-pas-ceinture-fléchée, Pégida Québec!

Les voici avec une autre publication Facebook sur les «maudits réfugiés syriens»:

Pégida affirme que le réfugié syrien moyen obtient 3600$ par mois du gouvernement fédéral, ce qui donne 43 000$ par année (c’est plutôt 43 200$, mais bon). Mais – horreur! – le Canadien moyen gagne 27 600$ par année (ou est-ce 27 100$? La même publication offre deux chiffres différents)!

En résumé, notre beau gouvernement «gogauche» offre une vie gras dur aux réfugiés, et leur donne même plus d’argent que le salaire moyen au pays.

Pégida renvoie à un article d’un blogue américain qui s’appelle MAGAfeed. Pour ceux qui ne connaissent pas le langage de l’extrême droite, «MAGA» veut dire «Make America Great Again», le slogan du président désigné des États-Unis, Donald Trump. Source d’information très sûre donc (*ahem*).

Le blogue base son «article» sur ce reportage de la CBC sur une famille de réfugiés syriens. Capture d’écrans de ce reportage à l’appui, le blogue conclut que le réfugié syrien moyen obtient 3600$ du gouvernement fédéral.

Faisons la part des choses, parce que l’inspecteur viral a écouté le documentaire en question, ce que ni Pégida, ni MAGAfeed n’ont fait.

S’ils avaient écouté le documentaire, ils auraient sûrement mentionné que le but du documentaire était entre autres de montrer tout ce que la famille de six personnes allait perdre. Car le documentaire a été filmé une semaine avant que la famille Tombari ne perde son allocation mensuelle du gouvernement fédéral.

Car, oui, cette assistance est temporaire. Elle dure un an.

Les réfugiés syriens doivent venir au pays, s’installer, apprendre une des deux langues officielles, puis se dénicher un travail en un an avant que l’assistance gouvernementale ne se termine. Dans le documentaire, le père de famille, Ibrahim, avoue avoir du mal à se trouver un travail parce qu’il ne parle pas très bien l’anglais. «La langue, c’est un problème, dit-il. Je veux travailler, je ne veux pas dépendre du gouvernement.» Le documentaire parle entre autres des inquiétudes de la famille quant à leur avenir. Mais ça, Pégida ne le mentionne pas.

Ah, et l’inspecteur croit bien que ses amis de Pégida seraient content d’apprendre que, malgré le fait que la famille Tombari est établie à Windsor, en Ontario, elle envoie ses enfants à l’école en français. Les parents trouvaient important que leurs enfants apprennent les deux langues officielles de leur pays d’accueil. Les deux enfants d’âge scolaire parlent déjà en français dans le documentaire, un an seulement après leur arrivée.

Maudit réfugiés qui ne veulent pas s’intégrer!

Mais qu’en est-il de ce fameux 3600$ par mois? C’est toujours scandaleux, non?

En fait, ce chiffre n’est pas le «salaire» moyen que reçoit un réfugié syrien. C’est le montant que la famille Tombari, avec ses quatre enfants, reçoit du gouvernement. En plus du 1500$ par mois d’aide gouvernementale, la famille reçoit aussi 2100$ sous forme d’allocation familiale. Cette allocation est d’ailleurs offerte à toutes les familles canadiennes et est établie en fonction du nombre d’enfants et du revenu familial. Vous pouvez aller vous-même faire le calcul dans ce merveilleux outil mis au point par le magazine L’actualité. Entrez quatre enfants et 0$ de revenu. Boum, 2133$ par mois, comme reçoit la famille Tombari.

Oh, et le montant que recevait (rappelez-vous, ce montant était temporaire) la famille Tombari est beaucoup moins que le salaire moyen au pays. Au Canada, en 2015, le revenu médian d’un ménage était de 78 870$ par année, ou 6 572$ par mois.

Mais bon, le 43 200$ que reçoit la famille, est-ce vraiment tant que ça? En fait, ils sont à peine au-dessus du seuil de pauvreté.

Le seuil de pauvreté se calcule en fonction de la taille du ménage, mais aussi en fonction de la population de la municipalité où il se trouve (le coût de la vie augmente généralement avec la population). La famille Tombari compte 6 têtes, et Windsor a une population de 216 473 habitants.

Avec ces chiffres, Statistique Canada établit le seuil de pauvreté de la famille Tombari à 40 709$ par année. C’est donc dire que la famille s’en tire avec moins de 3000$ par année au-dessus de ce seuil.

En d’autres mots, ils sont sur le bord d’être démunis. Et ils s’apprêtent à perdre ce montant pour se retrouver sur l’aide sociale.

Tout à fait choquante, cette générosité de notre gouvernement «gogauche».

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