Sur le balcon, je fume une cigarette. Déjà là, je n’écoute pas les médecins qui me disent qu’il y a des risques que je meure du cancer. Un comportement très humain. On arrête de fumer, seulement lorsqu’on souffre. Je suis loin d’être un scientifique ou le prochain Nostradamus, mais j’essaie d’imaginer notre monde en 2034. Les fêtards sont retournés se coucher. Il y a quelques adultes qui jouent à Pokémon Go sur le trottoir, des sédiments perdus du dernier rassemblement, pas loin du métro Atwater.

La presque totalité de l’attention médiatique est tournée vers un milliardaire sociopathe et une politicienne drôlement expérimentée. Parfois, au montage, il y a quelques images d’attentats terroristes. Nos voisins du sud pourraient élire un homme menteur, raciste et misogyne à la tête du rêve américain. Ce n’est pas rien!

Je ne fais pas confiance à l’humanité pour relever les nombreux défis qui affluent à nos pieds. L’Homme attend toujours que l’eau lui monte jusqu’au cou avant d’agir, pour réveiller son instinct de survie. Malgré les innombrables efforts de la communauté scientifique depuis 20 ans, personne ne lève le petit doigt. Comme moi, quand je fume ma cigarette, je sais que je peux en mourir, mais je ne fais rien. Parfois, je demande un Coke Diète au McDonald, ça me donne un faux sentiment d’intelligence.

Les changements climatiques, c’est le même phénomène, mais à plus grande échelle. La croissance économique, c’est la nicotine de nos élus. La semaine derrière, en Irak et au Koweït, il a fait 54 oC (129,2 °F), la température la plus élevée jamais enregistrée sur Terre. Le gouvernement irakien a annoncé un congé de deux jours simplement parce que la température était invivable. Selon un rapport publié en 2014 par la Banque mondiale, les températures dans le Moyen-Orient et au nord de l’Afrique devraient augmenter de 8 oC d’ici 2050.

Les gens veulent profiter du moment présent, tant que le confort est de la fête. Au lieu de se rassembler et de réfléchir aux différents enjeux qui menacent l’humanité, la haine envers l’autre prend le dessus. L’imbécillité humaine ne cesse d’insister, elle veut prendre toute la place. La maîtresse d’école nous en parlait, c’est devenu banal.

Certaines personnes étaient scandalisées par l’arrivée de 25 000 réfugiés syriens au Canada. Pourtant, le nombre de réfugiés climatiques pourrait augmenter d’une manière exponentielle dans un avenir rapproché. Les pénuries d’eau sont bien réelles, encore selon la Banque mondiale, les récoltes agricoles dans ces régions du monde devraient diminuer de 30 à 40 % dans les trois prochaines décennies. Des chercheurs de l’Institut Max Planck de chimie et de l’Institut de Chypre à Nicosie ont calculé que la température au Moyen-Orient et en Afrique du Nord pourrait devenir si chaude que l’habitabilité humaine y serait compromise.

Enfin, devons-nous rappeler qu’il y a un demi-milliard d’habitants dans cette vaste région du monde? Évidemment, les riches s’en sortiront sans ecchymoses. Toutes ces conditions environnementales pourraient forcer les gens à migrer vers de nouvelles terres d’accueil. 2034 approche à grands pas. C’est à ce moment que nous verrons à nouveau le vrai visage de l’humanité.

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