The Associated Press Tim Burton

Mes hommages. La semaine dernière, le très accessible réalisateur Tim Burton jetait une couche de suie supplémentaire sur mon indéfectible admiration à son égard, mais pas le genre de suie qui ajoute habituellement du lustre à ses œuvres hermético-victoriennes.

Lors d’une récente entrevue sur Miss Peregrine et les enfants particuliers, son récent long métrage à la distribution presque unilatéralement blanche (comme tous ses films), ce bon Tim avait une vision tout en délicatesse de la diversité culturelle sur nos écrans:

«De nos jours, les gens en parlent de plus en plus. Certaines choses en appellent d’autres, ou pas (cette affirmation désarmante de limpidité a sans doute été appuyée par des graphiques en pointes de tarte et un théâtre de marionnettes). Je me souviens de l’époque où, petit, je regardais The Brady Bunch et où ils ont commencé à s’improviser politiquement corrects, du genre: “OK! Engageons un enfant asiatique et un Noir.” Ça m’offensait plus qu’autre chose.»

Odieuses gens qui ont osé lui souiller la Brady Bunch!

C’est donc dire que – si je saisis bien la prose et la flore de ce que Timmy tente de gémir allongé sur un récamier baroque – si un rôle n’est pas spécifiquement écrit pour un Asiatique coiffé d’un chapeau conique en paille et aux moustaches longues et minces, c’est dérangeant en sapristi de le voir incarner un personnage qui aurait très bien pu être SUBLIMÉ par un John Smith ou une Bette Midler avec une perruque. Mais haut les cœurs! Cap sur les rôles phares de serveurs chez Kenny Wong ou, avec un peu de chance, un bref caméo de petites mains agiles dans une usine Apple.

Et ce qui est fantastique, c’est que Tim n’avait pas fini de pisser:

«J’ai grandi en regardant des films de blaxploitation (un courant culturel des années 70 où les acteurs afro-américains campaient des premiers rôles, à défaut des faire-valoir habituels). Et je me disais : c’est super. Jamais je n’ai pensé : “OK! Il devrait y avoir plus de Blancs dans leurs films.”»

Par chance, toué z’acteurs blancs disponibles étaient ben trop occupés à tourner dans Grease et à se faire reluquer le pain sur un plateau de Woody Allen. On joue pas dans leurs vues? Que je les voie, jouer dans les nôôôtres! Nous, pauvres petits Caucasiens en combines trouées, plantés en rangs d’oignons sur l’autoroute du showbusiness à quémander la chance de possiblement pouvoir briller parmi d’autres Blancs aux dents lilas.

Interrogé sur son étonnante présence dans la distribution de Miss Peregrine et les enfants particuliers, Samuel L. Jackson, lui, n’avait pas plus de temps à perdre avec la question, sans doute pressé d’aller tourner son 103e film cette année : «Je suis peut-être le premier [acteur noir[ à avoir décroché un rôle majeur dans ses films, mais… ça arrive parce que ça arrive. Je ne crois pas que ça soit sa faute ni celle de ses scénarios; ça arrive comme ça, c’est tout. Tim est vraiment une bonne personne».

Une bonne personne qui fait des films étranges pour Blancs (et Samuel L.) seulement, parce que… [remplacer sa justification par une puissante éructation].

La bise.

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