Mes hommages. En ce vivifiant début d’année, j’ai eu envie de m’intéresser au fascinant phénomène de l’être humain. De comprendre son graal. Sa quête. Ce qui met du gaz dans le VUS de sa fascinante existence.

La sentez-vous, la petite amertume ambiante? Mais si. Vous aurez sans doute remarqué que, par les temps qui courent, dès qu’un quidam, une personnalité qu’on pourrait qualifier de D, de E ou de Q, ose émettre une opinion, publie un article, un roman qui remet impétueusement en question le confort de nos lieux communs, taquine une vedette ou noircit les pages d’un journal indépendant que personne n’achète, la seule, l’unique et la toute cruciale affaire qui vient à l’esprit de bien des ouailles, c’est: C’EST QUI, ÇA?

«C’est qui, ÇA?»; quatre petits mots prononcés avec mépris, le bec travesti en rond de cuir, pour éviter que ne s’échappe de leur cavité buccale la petite gorgée sûre qui leur acidifie la gencive à la moindre contrariété.

«C’est qui, ÇA?»; insulte ultime prononcée aux quatre vents contre ceux et celles qui dérangent ou, pire, qui existent, mais sans la street cred d’avoir raconté leurs premières règles à Deux filles le matin. Oh oui. Le privilège de se prononcer sur des affaires et d’avoir un peu de reconnaissance n’appartient apparemment qu’à ceux et celles qui ont la candeur de nous présenter leur nouveau salon dans un magazine glossy.

Si t’as le malheur de t’appeler Johnné, de travailler d’arrache-pied depuis 10 ans sans toutefois avoir connu le prestige d’être invité à une variété où Serge Denoncourt taxe ton triple-swing acharné de «divertissement correct», la richesse de ta grammaire et la pertinence de ton propos n’intéressent personne. T’as jamais partagé une couronne de crevettes avec Plamondon? Mais pour qui diable te prends-tu, pauvre étourdi? Personne ne s’intéressera jamais à ce que t’as pensé du Slava Snowshow.

Et ce qui est vraiment charmant, c’est que les plus taquins des commentateurs acerbes s’aventurent même à inscrire leur très incisif «C’est qui, ça?» sur la page personnelle même du prétendu nobody de la semaine, pour signifier leur complète désorientation quant à l’identité de cette personne qui a dit une affaire qui les a dérangés pendant qu’ils votaient pour Yohan. Si tu ne vaux pas une risée, tu ne vaux pas grand-chose, qu’ils disaient. Mais quand tu ne vaux même pas une petite recherche Google, t’es mieux de te lever de bonne heure pour plaire à Jean-Guillaume, étudiant en sciences po et fervent sniper de la pertinence.

Aujourd’hui, la richesse d’un individu s’inscrit dans le Métrostar, le pompette de la recette et le potentiel de susciter un choc vagal dans le public de Marina. Collègues et amis, prenez-en chaude note! On ne vous veut que du bien.

Oh. Et pour ceux que ça pourrait intéresser, j’ai déjà joué une sonate au piano dans un souper spaghetti auquel assistait Carl Marotte. J’ai déjà ÉTÉ! J’ai déjà été. Allez; la bise (et bonne année!).

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