Mes hommages. En cette fin d’année scolaire, l’heure est à la nostalgie, à la réminiscence de ces photos de 1997 où on porte un regard tendre sur cette robe de bal de type «accident de barouette entre un rouleau de tulle et une chopine de strass», mais surtout, l’heure est à la grande, à l’immense fierté parentale. Ce moment précis où tes p’tits terminent la garderie. À peine expulsés du pelvis, les voilà qui cheminent vers l’école des grands. Dans un an, ils sauront sans doute lire. Écrire en lettres cursives, peut-être. Des photos de petits bougres aux joues rosies et au pouce en l’air devant cette toute dernière journée de la petite enfance, j’en ai vu défiler à la tonne, émue et fière pour ces parents que je ne connais parfois que si peu.

Là où mon sourire conquis se transforme en sac banane, c’est lorsque j’aperçois des portraits de quidams coiffés de mortiers, vêtus de flamboyantes toges et serrant fébrilement contre leur petit cœur un diplôme noué d’un ruban doré; de tout petits quidams de cinq ans. De très, très petits finissants fièrement en route pour la collation des grades et parfois même, pour leur BAL DES FINISSANTS. Des bouts de chou parés pour contracter une hypothèque et les premiers hot flashes de la ménopause. L’image même d’une fillette de cinq ans dans sa toge me courtise le ventricule gauche. C’est bien certain que c’est mignon comme tout. Qu’on est dont fiers. Et qu’on n’en revient pas que Rosalie ait grandi si vite, appris tant de choses et qu’elle se destine au meilleur du meilleur (avec une cerise sur le dessus). Je me demande simplement si une cérémonie de diplomation couplée à un grand bal des sirènes devrait, je sais bien pas comment formuler ça sans casser de coquilles, avoir lieu.

Bien entendu qu’il est formidable de souligner les bons coups. De faire naître le désir d’apprendre et d’embrasser l’école à toute marmaille qui, sans même être au courant, passera (si on n’en perd pas en route) les 15-20 prochaines années à se débattre dans un système scolaire parfois bancal, souvent stimulant et, une petite fois de temps en temps, furieusement anxiogène. Je m’interroge simplement sur le quatuor à cordes, le chant lyrique et les hommages sur une banderole tirée par un jet pour célébrer les trois années où Marco a fait sa sieste et appris à ne plus insérer de Lego dans sa fosse nasale. Allons, ALLONS; ce n’est qu’une image gripette. Bien entendu, que Marco est formidable et qu’il a relevé des défis à la pelle qui méritent certes un Dairy Queen et une petite baignade de fin de soirée.

Mais a-t-on vraiment besoin de déguiser nos p’tits en jeunes adultes prodiges avec un ti-casque et des talons hauts en les imaginant déjà stéthoscope au cou et scaphandre en orbite? C’est un grand moment, la fin de la garderie. Mais c’est toujours bien rien que la fin de la garderie.

La bise.

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