Mes hommages. Je m’accrochais, mardi, la botte de loup marin dans une formidable nouvelle. La rencontre entre deux hommes: l’un, terrorisé à l’idée de déplaire, et l’autre, satisfait à en vesser dans ses Corduroys.

Alors. Il semblerait que la récente visite à Rome du président de la République islamique d’Iran, ce bougre de Hassan Rouhani, a créé émoi et plaques rouges au cou de ses hôtes italiens. Après avoir répondu d’un enthousiaste yesseure! à l’invitation du président du Conseil italien Matteo Renzi, les deux comparses se sont retrouvés, emballés comme des fillettes de se faire un petit pain de main devant kodaks et mignardises. Et comme toute visite à Rome n’en est pas une si l’on ne fait pas résonner ses souliers pointus dans le Musée du Capitole, M. Rouhani et M. Renzi sont allés s’y dégourdir les pattes pour faire joli.

Jusqu’ici, pur conte de fées.

Il semblerait toutefois que Matteo Renzi craignait le registre d’expressions faciales d’Hassan Rouhani. Ainsi, voulant préserver son camarade d’une violente crise de sourcils en accents circonflexes – un mal qui affecte Liza Minnelli depuis Cabaret –, M. Renzi a jugé de bon goût de dissimuler toutes les statues de corps dénudés du musée derrière d’immenses boîtes blanches. Toutes. Pour respecter «la culture et la sensibilité iraniennes».

Oh oui. Toute statue, toute œuvre et tout bas-relief qui avaient le malheur d’avoir les balles à l’air, le pelvis exposé ou le regard libidineux se sont vus soustraits au contact visuel du visiteur, avec interdiction formelle d’aller se chercher un petit café à la cantine jusqu’à nouvel ordre. DANS. VOS. BOUÈTES.

C’est que le grand homme coiffé d’un turban sait garder joues roses et trapèzes détendus devant le concept du mariage des petites filles de 13 ans (avec la bienveillante permission de leur père) et des citoyens qui pendent au bout d’une corde, mais poser le regard sur un petit pénis en albâtre qui ramasse la poussière, alors là, ce serait bien le bout du cigare. Mirador!

M. Rouhani s’est donc extasié devant la richesse du patrimoine italien dans un musée de boîtes géantes et respectueuses, avant de faire un selfie avec la Vénus cachée dans sa panic room, impérissable souvenir à classer dans ses archives de globe-trotter avec son t-shirt de Marineland et son petit cass’ en oreilles de Mickey Mouse.

Meubles sauvés, petit échange de cadeaux touchant avec le pape, et hop! Hassan Rouhani était prêt pour de nouvelles aventures aseptisées avec des gens aux rotules tremblantes.

La formidable époque.

M. Rouhani; si, de matin aventurier, vous décidez de venir faire un tour par chez nous et d’asseoir vos souveraines miches dans le public de Marina Orsini pour découvrir notre patrimoine avant d’aller luncher sur Sussex Drive, surtout, n’ayez crainte. Nous aussi, on sait recevoir. Et on n’hésitera pas à censurer ce qu’on a de plus beau, petits pieds par en dedans. Après tout, Janine Sutto est capable de cuisiner un osso bucco avec un abat-jour sua tête.

N’est-ce pas? N’est-ce pas.

La bise.

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