Richard Vogel / The Associated Press Le jeu Pokémon Go

Mes hommages. C’est au son d’une averse de type «larmes d’Yves Desgagnés dans L’Héritage» que je prends quelques instants pour sombrer dans une torride inquiétude : ça va, vous? L’angoisse vous a-t-elle saisis par la jugulaire? C’est que, comme bon nombre d’entre vous, j’ai, la belle saison venue, plus de temps pour contempler mon prochain. Pour lui épier l’entre-cuisses, les us et la coutume. Et en cette saison de nouvelles molles et lentes, je sens l’analyse collective se raffiner. Se saupoudrer de sel de Camargue et se voir servir sur une planchette de pin avec trois petits points de réduction de Cologne et de mépris.

Si vous ne vivez pas sous un galet et si votre nouvelle coupe estivale ne vous obstrue pas les mirettes, vous aurez sans doute vu passer cette folle course aux Pokémons. Pour ceux qui rentreraient tout juste d’une enlevante récolte de clams dans le Maine, eh bien, cette course, qui prend racine dans l’application Pokémon Go, consiste à traquer de petits monstres en animations 3D badines à travers la ville dans un jeu de réalité augmentée (voyez comme je maîtrise la verbillette de la chose). Un truc de fou. Un truc non seulement qui captive les nostalgiques et les adeptes de la marche rapide mais surtout, semble-t-il, qui attise les passions de ceux qui ne sont pas captivés. Appelez la Paramount, je vous en joue illico un petit bout: «Ces pauvres diables qui croient me vendre leur hobby en insistant sur l’activité physique qu’il leur procure méritent un soufflet. Sachez que je sors chaque jour de mon cottage, moi, et ce, sans être nourri par ce besoin volcanique de capturer une jument à la crinière de feu près d’un trou de canal. Je sais croquer dans la vie. Tenez, hier, je terminais à peine mon cours de zumba-poussette que j’étais déjà en train de cueillir des fleurs de courgettes en esquissant une valse com-plè-tement improvisée. Je vais farcir mes fleurs, ce soir. Vous? Hmm? Vous? Vous ne farcirez rien.»

Ce qu’on se farcit, c’est vous. Votre vitriol et votre érythème. Je ne joue pas à Pokémon Go ; c’est hors de ma portée crânienne. Toutefois, comme plusieurs, le phénomène m’amuse et me nourrit le sourcil. Ces Indiana Jones estivaux ont du plaisir. Eh oui, parfois, certains osent même se réjouir d’aborder de purs inconnus venus pratiquer la même chasse qu’eux, comme on aborde un quidam qui s’abandonne à la cueillette de vers après l’averse. Vous pêchez? Je suis moi-même une sulfureuse pécheresse. Et voilà. Un contact. Une petite boule de lumière. Boule de lumière ou «boule de feu», c’est fantastique. Et comme il serait de mauvaise foi d’affirmer que les chasseurs de Pokémons n’ont pour seuls contacts humains que leurs rares sorties en nature, nous ne l’affirmerons pas. Hein. Nous ne ferons pas ça, parce que nous ne sommes pas amers.

Contentons-nous simplement d’exprimer la spaciosité et la fougue de notre glaire en pieds de bas en émettant précisément les mêmes sons que ce brave Yves Desgagnés émet dans sa célèbre vidéo YouTube : Le cowboy braille.

La bise.

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