Capture d'écran Gilmore Girls

À un peu plus d’un mois du retour très attendu des Gilmore Girls sur Netflix (25 novembre), on peut affirmer sans trop se tromper que le portrait télévisuel a énormément changé depuis la première diffusion de la série en 2000.

Une production précédant l’avènement de la télé sur le web, de YouTube, de Netflix, de la multiplication des chaînes spécialisées et avant même la grande vague ravageuse des très (trop) nombreuses télé-réalités.

Gilmore Girls, c’est une série qui prend son temps, qui parle beaucoup et qui se développe très peu. Les deux Lorelai progressent devant nos yeux, mais à pas de tortue. Les actions sont répétitives, familières, réconfortantes. Les Gilmore Girls, c’est un peu comme une grosse doudou chaude un soir d’hiver et ce genre de télé est de plus en plus rare.

Il y a eu Parenthood récemment qui accomplissait un peu ça avec la vie parfaite du clan Braverman et, au Québec, Les Parents c’était un peu ça aussi à plus petite échelle. Mais Gilmore Girls, c’est la gloire de la télévision lente et bavarde – une anomalie à l’ère des vidéos sur «mute» de Facebook et des capsules de 1m30 ou moins.

De nos jours, les émissions ont besoin d’un résumé «punché» en une phrase ou moins qui capture l’attention du spectateur potentiel dans le résumé sur Netflix (ou ailleurs).

Par exemple : un groupe de survivants doit composer avec une invasion de zombies. L’ascension machiavélique d’un prétendant à la présidence des États-Unis. Un prof de chimie se met à vendre du Crystal Meth pour payer ses traitements contre le cancer.

«Une mère et sa fille boivent du café, mangent trop et jasent de la vie dans un petit village près de Hartford.» Avouez que c’est moins vendeur – pas certain qu’on ajouterait le tout à notre liste de visionnement.

La télé a changé, le monde a changé et c’est à se demander si ce retour des Gilmore Girls est une bonne idée. Même si pour la nostalgie c’est très intéressant, rappelons-nous que les retours en ondes sont rarement comme dans nos souvenirs.

Pensons aux spéciaux de Noël de La Petite Vie ou l’aventure au cinéma d’Entourage.

Miser sur la nostalgie peut être un pari risqué et peut-être que les Gilmore Girls existent pour nous rappeler que la télé d’aujourd’hui est plus satisfaisante, plus personnalisée que celle d’hier – même si 16 ans dans l’absolu c’est un très court laps de temps.

Peut-être que les quatre nouveaux épisodes des Gilmore Girls me feront mentir, mais ceux d’Arrested Development, série aussi ressuscitée par Netflix, m’ont profondément déçu.

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