ICI Radio-Canada / Karine Dufour Lino Zambito à Tout le monde en parle

On attendait avec impatience le passage de la radieuse Safia Nolin sur le plateau de Tout le monde en parle, dimanche, et c’était juste et bon – tout simplement.

Par contre, j’appréhendais le passage de Lino Zambito. Notre «sonneur d’alarme» sur le milieu corrompu de la construction qui, juste avant son couvre-feu imposé par la Cour en raison de la peine qu’il purge dans la collectivité, est venu faire la promo de son livre (sur sa vie, vraiment?) sur le plateau le plus regardé de notre télévision ou presque.

J’ai soulevé la question hier sur Twitter.

Les réponses de quelques internautes m’ont fait peur et je vous épargne les raccourcis et les liens avec Josée Blanchette, notamment.

Voyez-vous, je n’ai rien contre le fait que monsieur Zambito se recycle pour la bonne cause après avoir été lui-même un facilitateur du système qu’il dénonce aujourd’hui avec vigueur.

Grand bien lui fasse s’il peut faire œuvre utile.

Mon malaise, c’est qu’il le fasse en nous vendant un livre. C’est aussi qu’il le fasse en échange d’une rémunération sur tous les plateaux qu’il visite pour le privilège d’entendre le récit de ses méfaits.

C’est une chose de faire amende honorable et de purger sa peine, mais ça en est une autre d’être maintenant considéré comme notre version d’Edward Snowden du milieu de la construction parce qu’il s’est fait prendre la main dans le sac il y a quelques années et il a décidé de tirer sur la nappe dans sa chute histoire de casser le plus de vaisselle possible au passage.

Encore là, si Zambito est devenu un informateur et collabore en échange d’une peine allégée, c’est tant mieux et forcément des changements positifs découleront de tout ça.

Mais c’est difficile de ne pas être sceptique de ses intentions, surtout quand elles sont étalées de la sorte à la télévision ou à la radio dans le cadre d’une tournée de promotion pour son bouquin.

Parce que oui, Zambito l’entrepreneur corrompu, lanceur d’alerte et vedette de nos médias est maintenant un auteur et il sera au Salon du livre de Montréal pour des dédicaces. Parce que, visiblement, ça aide la cause d’abolir la corruption dans le milieu de la construction.

Misère!

Ceci dit, Guy A. Lepage a bien tenté de le cuisiner un peu à propos de sa dette envers les municipalités, mais notre «Robin des Bois» de la construction avait une esquive à tout.

C’est triste quand même que ce soit lui notre sonneur d’alarme quand on se doute qu’il serait encore bien impliqué dans le milieu si sa tête n’avait pas atterri sur la bûche.

L’occasion fait le larron.

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