MusiquePlus / Capture d'écran Barmaids

Nouvelle émission vraisemblablement conçue pour faire réagir sur les médias sociaux, Barmaids présentait sa première demi-heure jeudi soir sur les ondes de MusiquePlus et la machine à saucisses est en marche.

Citations savoureuses, photos compromettantes, allusions sexuelles, j’en passe et des meilleurs.

Cette semaine, on nous «présentait» les barmaids de l’émission et on mettait la table, d’une certaine façon, pour ce docu-réalité sur … on ne sait pas trop quoi en fait.

D’un point de vue purement critique, on cherche un peu la pertinence de l’exercice parce qu’être barmaid, pour les femmes présentes dans l’émission, est plus un point commun que la découverte d’une profession, d’un «monde secret».

Comparons à d’autres docus-réalités sur les bars de danseuses ou les travailleuses du sexe, par exemple, on avait au moins l’intention de lever le voile sur un milieu méconnu. Ici, à part savoir qu’elles travaillent derrière un bar, on ne sait rien de ces femmes.

Elles n’ont même pas de nom de famille, c’est ben pour dire.

Qui se ressemble s’assemble devient donc le mot d’ordre de cette émission et le «casting» est aussi uniforme que possible. Vous avez déjà les clichés en tête, je n’ai pas besoin de les énumérer ni de les encourager. En plus d’être barmaids, elles ont aussi un autre point commun : elles sont bruyantes.

Comme dans elles crient beaucoup et pas forcément des choses intelligentes ou pertinentes.

C’est l’essentiel de l’émission. Rassembler des femmes qui aiment travailler derrière un bar et nous parler du fait qu’elles aiment travailler derrière un bar. Avec des cris, beaucoup de cris, l’apologie de la «vie de party» et de la consommation excessive d’alcool et un regard plutôt malsain sur un mode de vie qui pourrait être objectivement répréhensible par moment.

Ma réserve est surtout ici : il n’y a pas de bonnes raisons de regarder Barmaids. Ce n’est pas une école pour devenir serveuse, ou un concours, ou une quête d’amour. C’est l’étalage de boire, crier, faire du bruit et monnayer la sexualisation de son corps dans un bar bondé.

On ne sait rien du tout de ces femmes après cette présentation. Rien de leur vie, de leurs aspirations, de leurs envies, de leur carrière. On sait qu’elles sont barmaids, comme le titre de l’émission l’indique, et on sait qu’elles boivent de l’alcool.

Pour le reste, on alimente les préjugés des gens et on carbure aux clichés. Les gens vont regarder Barmaids pour se moquer, se comparer, se consoler et, vraiment, il n’y a pas de motivation noble à suivre ce docu-réalité et MusiquePlus doit s’en douter en l’ajoutant à sa grille.

De la télé pour susciter des réactions … et rien de plus. Faire du bruit pour le plaisir de faire du bruit.

J’ai moi-même le sens de la curiosité morbide très aiguisé et très assumé, mais contrairement à Célibataires et nus, par exemple, Barmaids fait vibrer aucune de ces cordes.

C’est pas mal la démonstration concrète qu’on peut pousser un concept trop loin et c’est le cas avec le docu-réalité. Barmaids, c’est le degré zéro du culte de la célébrité.

À découvrir en ligne sur le site Noovo.ca

Aussi dans Culture :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!