Netflix Master of None

Vendredi dernier, Netflix dévoilait la deuxième saison de la série de l’humoriste Aziz Ansari, Master of None, et depuis, je dois vous l’avouer, je suis un peu en amour.

Je m’explique.

La première saison proposée par Ansari était sympathique et touchante, mais elle était plutôt légère avec les aventures d’un acteur qui se cherche à New York autant professionnellement que personnellement. Il y avait une richesse dans la diversité, mais sinon, on flirtait avec la comédie romantique de base sans trop se mouiller.

Mais pour son retour, Ansari s’assume plus que jamais surtout que, de son propre aveu, la troisième saison n’existera pas tant que l’humoriste n’aura pas vécu autre chose dans sa vie. C’est donc dire que cette deuxième saison pourrait devenir, avec le recul, l’ultime saison de Master of None.

Et savez-vous quoi? Ça serait toute une finale.

Dès les premiers épisodes, on retrouve Ansari en Italie où il s’est envolé à la fin de la première saison pour apprendre à faire des pâtes et vivres de nouvelles expériences.

Ceci n’est pas banal, car toute la deuxième saison est construite comme un long hommage au cinéma italien des années 40, 50 et 60. Du Voleur de bicyclette à 8 ½ en passant par L’Avventura et La Notte, Ansari pose son récit sur cette trame de fond d’une autre époque et la flamme de sa saison, la lumineuse Alessandra Mastronardi, est un témoignage éloquent de l’amour d’Ansari pour la langue et la culture italienne.

Juste ça, c’est une surprise à la télévision américaine. Mais la deuxième saison de Master of None va plus loin que ça.

En s’assumant plus franchement, Ansari nous présente un portrait touchant et sensible de la diaspora aux États-Unis sans se restreindre à la communauté indienne qui est plus près de sa réalité. Ainsi, les amis et les rencontres d’Ansari nous offrent de brèves incursions dans différents univers, différentes cultures et d’un épisode à l’autre on traite de ces sujets sans pourtant surligner la présence d’une différence à l’écran.

Bref, Ansari nous parle d’amour et de quête identitaire, au-delà des ethnies, de l’orientation ou des origines. C’est beau, très beau même.

Qui plus est, cette deuxième saison se permet un épisode entier avec des personnages à l’extérieur du récit dont un couple de personnes malentendantes qui se disputent dans un magasin à propos de sa vie sexuelle.

Mais le clou de cette saison, c’est l’épisode de près d’une heure sous la neige new-yorkaise où l’amitié et l’amour s’entrecroisent avec des frontières difficiles à bien tracer. C’est, à mon avis, la meilleure heure de télé que j’ai eu la chance de visionner cette année.

C’est sensible, juste, émouvant et, surtout, ça sonne authentique. Quelque chose comme un idéal amoureux avec des zones d’ombre et de solitude.

Vraiment, sauter sur cette 2e saison même si la première ne vous a pas particulièrement marqué. Vous allez y trouver votre compte et, au pire, peut-être que ça vous donnera envie de revoir quelques classiques du néoréalisme italien.

Juste pour ça, ça vaudrait le coup.

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