ICI Radio-Canada Télé Cheval Serpent

Cette semaine, Radio-Canada présentait aux médias les trois premiers épisodes de sa nouveauté Cheval-Serpent qui sera déversée sur ICI TOU.tv Extra la semaine prochaine, le 28 juin, dans son entièreté.

Pour nous vendre le tout, on parlait d’une série osée avec de la nudité masculine frontale et beaucoup d’audace. C’était la carte de visite, distribuée sans gêne par la production avant de dévoiler les premières images.

Une fois de plus, ce n’était que du vent et beaucoup de bruit pour rien.

En très bref, Cheval-Serpent est aussi audacieux que Magic Mike l’était à sa sortie en salle. Des hommes en bobettes, de la musique et des fesses. Pour le reste, on nous sert une autre série oubliable qui puise dans le sac à clichés distribués aux scénaristes avant de pondre un récit parmi tant d’autres sans y investir de réelles ambitions.

C’est peut-être sévère dit comme ça, mais Cheval-Serpent est possiblement la pire série dramatique produite ici au cours des dernières années. Elle sera, à la fin de sa vie utile, aussi oubliable que Casino à l’époque, pour les nostalgiques.

Cheval-Serpent, c’est une histoire lourde et ficelée avec de la grosse corde qui s’articule autour du bar de danseurs du même nom qui sert de toile de fond pour un drame familial pimenté avec une petite dose de corruption, de secrets, d’intrigues et de magouilles.

On vous vantera les mérites de la distribution expérimentée et des comédiennes particulièrement chevronnées qui campent les rôles clés de la dramatique, ainsi que la réalisation habile de Sylvain Archambault, mais tout le talent du monde ne peut pas combler le vide laissé par une aventure aussi creuse.

Sous ses promesses de nudité et d’audace, Radio-Canada nous présente une série aux dialogues faux, aux intrigues tirées par les cheveux et aux nuances complètement inexistantes. Une musique lourde, omniprésente, bouche tous les silences que les dialogues ne comblent pas et les danseurs dudit Cheval-Serpent meublent à l’occasion l’intrigue avec des numéros complets d’effeuillages doublés de chansons à succès.

À la différence de Magic Mike, qui avait sous les abdos de ses danseurs une certaine substance et un propos, Cheval-Serpent est plutôt un prétexte pour y coller des concepts à la mode qui feront plaisir aux gens qui réclament un peu de diversité à l’écran.

Il y a donc un couple lesbien à l’avant-plan, de la politique, de la corruption, de la parentalité plus moderne, du féminisme plaqué et plusieurs autres éléments qui permettront d’abattre la liste des sujets à couvrir pour faire passer un projet au tribunal de la rectitude politique.

Le hic, c’est que ce n’est pas suffisant d’en faire l’étalage, il faut l’incarner. La série Trop, par exemple, osait ces sujets avec une sensibilité et des nuances très humaines. Cheval-Serpent entre plutôt dans le Village gai du centre-ville de Montréal avec ses gros sabots et un dictaphone branché sur un très gros ampli transporté par un Hummer.

Je suis le premier à revendiquer une télévision audacieuse et différente, mais Cheval-Serpent, c’est de la vieille télévision racontée avec des codes dépassés et un emballage faussement moderne.

Aussi, quand tu fais la promotion d’une série en souhaitant démocratiser la nudité masculine à l’écran et que finalement tu présentes plus de seins féminins que de pénis en érection, on peut sérieusement remettre en questions les réelles intentions de changer les choses.

Comme quoi plus ça change…

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