Facebook d'Occupation double Joanie et Élodie d'Occupation double

Cette semaine, ceux qui syntonisaient OD la nuit ont eu la mauvaise surprise d’entendre deux candidates, Joanie et Élodie, utiliser une expression raciste afin d’illustrer leur inconfort devant les tâches ménagères à accomplir dans la maison des filles.

Je ne vais pas la répéter ici, mais disons que vous l’avez sans doute entendue souvent et qu’elle fait référence au travail des esclaves afro-américains lors de la triste époque où le tout était légal un peu partout en Amérique et ailleurs.

Julie Snyder a dû répondre à la suite des propos mal avisés des candidates et les deux jeunes femmes ont fourni des excuses, très approximatives, sur le Facebook de l’émission.

Vous pouvez visionner le tout ici.

C’est bien beau les excuses et les remords, mais n’est-ce pas là une occasion parfaite pour soulever une pertinente question : pourquoi offrir un micro en direct à des participants et participantes qui n’ont pas forcément la présence d’esprit d’ajuster leurs propos en fonction d’un large auditoire?

Sans parler de censure, il y a quand même une ligne de conduite à suivre quand on s’adresse à des gens. Un respect de base, une notion élémentaire de conscience des sensibilités des autres.

Ici, deux candidates dérapent sans le savoir, prises au piège d’être bêtement naturelles malgré les caméras. Sans dire qu’elles sont racistes ou ignorantes dans la vie de tous les jours, on peut par contre souligner qu’elles n’ont pas le réflexe de réfléchir à la portée de leurs propos et, surtout, à la racine de ceux-ci.

Ne pas réaliser instinctivement, en 2017, qu’un mot est à proscrire quand on parle des personnes de race noire, c’est inquiétant.

C’est encore plus inquiétant quand ces mêmes participantes sont en direct à la télé durant de longues périodes pour que des jeunes et moins jeunes suivent leurs moindres faits et gestes.

Voyez-vous le même danger que moi?

C’est le piège de vouloir à tout prix mettre la réalité en fiction à la télé. Elle n’est pas toujours souhaitable, la réalité, et elle n’est certainement pas un exemple à suivre. C’est pourquoi on s’offre au moins le filet du montage quand le contenu repose sur les épaules de «vrais gens».

Non seulement des débordements du genre ne sont pas surprenants, mais on se demande s’ils ne sont pas souhaités par la production qui, à part l’espoir d’ébats sexuels, n’a que très peu d’intérêt à laisser rouler des caméras la nuit quand les participants ne sont pas activement en train de participer à des activités.

C’est aussi, malheureusement, le symptôme d’une intolérance et d’une incompréhension encore bien présente dans notre quotidien, même si on vous dira le contraire quand on refuse d’enquêter le sujet du racisme systémique dans nos institutions.

Tout est dans toute comme on dit, c’est malheureux.

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MISE À JOUR

Semble-t-il que OD la nuit est en fait un montage d’images non-utilisées durant les épisodes. Si tel est le cas, la bévue serait double dans la mesure où non seulement les propos ont été tenus, mais ils ont été diffusés après le travail de l’équipe de production.

Bref, ça ne s’améliore pas.

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