Karine Dufour/ICI Radio-Canada Télé Denis Coderre et Valérie Plante

Dimanche soir, sur le plateau de Tout le monde en parle, Denis Coderre et Valérie Plante étaient de passage pour répondre aux questions de Guy A. Lepage.

Jusqu’ici, rien de nouveau, les politiciens visitent très souvent le studio de la populaire émission. Ça m’agace chaque fois, surtout quand ils viennent faire tourner leur cassette, mais bon, semble-t-il que ça fait partie de la game et quelqu’un, quelque part, trouve un intérêt quelconque à se faire remplir de phrases creuses à la télévision.

C’est comme ça.

Ceci dit, je cherche l’intérêt de présenter un débat improvisé pour la course à la mairie de Montréal lors d’une des émissions les plus regardées au Québec. La famille d’Amos, par exemple, qui syntonise Radio-Canada le dimanche, elle trouve où son intérêt à entendre parler de l’hypothétique ligne rose du métro de Montréal?

Même chose pour les francophones des Maritimes ou de l’Ouest canadien qui doivent se farcir les blagues convenues sur les sens uniques du Plateau Mont-Royal.

Je ne dis pas que Tout le monde en parle doit se contenter de traiter des sujets plus universels, mais, je cherche vraiment la pertinence de concentrer son attention sur la ville de Montréal.

Surtout que, lors de la discussion de dimanche, Coderre et Plante n’ont rien fait de plus que placer des pions politiques avant le dernier droit menant aux scrutins. Coderre multipliait les sourires complices et condescendants et Plante tentait de tirer son épingle du jeu devant un maire sortant immensément populaire et à l’aise sur le plateau de Guy A. qu’il visite aussi souvent que son dentiste.

À ce sujet, c’est particulièrement agressant la façon qu’a Denis Coderre d’écarter du revers de la main sa rivale et ses propos quand elle tente de prendre la parole, notamment dans son utilisation du «tu» alors qu’elle le vouvoie constamment. Dans un environnement où on dénonce de plus en plus les iniquités entre les hommes et les femmes, l’attitude très cavalière de monsieur Coderre passe de travers.

On ne l’accuse de rien, bien évidemment, mais il y a un ressenti très boys club qui me dérange et qui ne devrait pas se retrouver à la télévision d’État.

Je le dis souvent, j’ai un malaise quand des élus viennent faire avancer leur programme politique avec la complicité d’une équipe télé. C’est un malaise doublé ici, même si Coderre s’est fait confronter un peu par les invités autour de la table, plus précisément Dan Bigras qui n’a jamais la langue dans sa poche.

Après la triste prestation de Mélanie Joly dans le dossier Netflix, avait ton vraiment besoin des petites blagues de Denis Coderre à quelques semaines des élections municipales?

Une discussion éclairée avec des acteurs neutres dans cette course serait plus intéressante. Si on doit absolument parler de la mairie de Montréal, faisons-le avec des journalistes qui vont nous offrir des réponses aux questions de Guy A. Lepage et non des lignes séduisantes pour attirer l’électorat.

C’est surtout ça qui m’agace.

En tant que téléspectateur, je deviens complice d’une pratique qui me dégoûte : la langue de bois.

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