Netflix Mindhunter

Une nouveauté de Netflix semble extrêmement populaire sur les médias sociaux et, forcément, ma curiosité a rapidement été piquée.

Mindhunter, adaptée d’un livre du même nom sur une unité du FBI s’intéressant au psyché des tueurs en série, s’installe rapidement dans la lignée des séries criminelles qui se consomment comme une poignée de bonbons la fin de semaine.

On suit donc les enquêtes et les découvertes d’une paire d’agents du FBI qui, au cœur de l’Amérique des années 70 après les crimes du tristement célèbre Charles Manson, s’intéresse aux motivations et aux pulsions des grands criminels incarcérés afin d’anticiper les actions d’éventuels tueurs en série.

Pour citer la série : How can you anticipate crazy if you don’t know what crazy is.

Sur papier, la prémisse est géniale. Une série de dix épisodes produite par David Fincher (Se7en) qui nous offre une version longue et actuelle d’un canevas popularisé, à l’époque, par Silence of the Lambs. Comment ne pas tomber sous le charme?

C’est la question que je me pose car après quelques épisodes, je reste sur ma faim.

On dirait que la série est construite pour faire plaisir au public avec les grandes forces de la porno criminelle, mais tout ceci se produit aux dépens de la subtilité, de la finesse et de la profondeur des personnages.

Ainsi, les enquêteurs du FBI sont plaqués sur le récit et les criminels qu’ils rencontrent offrent des pistes de solutions sur un plateau d’argent. On est entièrement dans l’exposition lors des premiers épisodes et on ne laisse aucune place à l’interprétation. Tout est dit, les cartes sont sur la table et on progresse de façon linéaire.

On mise beaucoup sur les chocs que pourraient développer les dévoilements des criminels, mais après quelques-uns, l’effet s’estompe. On écoute des gens parler de choses horribles en attendant le prochain virage dans l’enquête.

C’est, pour le dire simplement, pas mal ennuyant.

Je peux comprendre le succès de la chose, mais j’aime mes séries policières plus nuancées. Une série comme True Detectives, par exemple, explorait les zones effrayantes de l’esprit des criminels sans tout déballer d’un coup comme on lirait un travail universitaire. C’est le défaut de Mindhunter, cette béquille qui ralentit le rythme de la série et, ultimement, démontre une certaine paresse dans l’écriture et l’exécution.

La série reste intéressante dans la mesure où elle offre un certain niveau de divertissement, mais je cache mal ma déception devant une prémisse aussi prometteuse.

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