Capture d'écran Netflix, écran de veille

Quand vous amorcez une nouvelle série ou une nouvelle saison d’une série déjà familière, est-ce que vous vous donnez le droit d’arrêter votre visionnement sans voir la fin?

Si oui, où se situe votre point de fuite?

Après un épisode? Plusieurs? En plein cœur d’un épisode? Après une saison complète?

Je vous parlais plus tôt cette semaine de la finale décevante de L’imposteur du côté de TVA et cette question s’est invitée dans mes réflexions : aurais-je dû arrêter avant d’être déçu?

Dans son essai Comme un roman, l’auteur français Daniel Pennac établissait la liste des droits imprescriptibles du lecteur qui allait comme suit.

Le droit de ne pas lire.
Le droit de sauter des pages.
Le droit de ne pas finir un livre.
Le droit de relire.
Le droit de lire n’importe quoi.
Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)
Le droit de lire n’importe où.
Le droit de grappiller.
Le droit de lire à haute voix.
Le droit de nous taire.

Tout ne s’applique pas à la télévision ou au cinéma, évidemment, mais je me demandais si on pouvait se donner le droit, dans nos quotidiens mouvementés, de ne pas forcément s’imposer des séries quand le cœur n’y est plus.

Des bons souvenirs ne veulent pas forcément dire qu’on doit s’accrocher, surtout quand une série s’éternise, et le passé d’une troupe de comédiens, par exemple, n’a pas à nous rattacher aux nouveaux projets.

Ainsi, j’aimerais qu’on encourage les comportements plus évasifs par rapport à nos visionnements. Si une nouveauté ne m’accroche pas dans les premières minutes, pourquoi espérer mieux? Je me donne le droit de rapidement regarder ailleurs, comme c’est le cas avec la série The Good Place sur Netflix.

Pour le syndrome des saisons de trop, je vais me référer à Suits qui m’a perdu en cours de route. The Walking Dead souffre de la même redite et de nombreuses autres séries qui ne quittent pas les écrans en raison de leur rentabilité. The Big Bang Theory, on regarde dans votre direction.

Si c’est moins captivant, on peut aussi se donner le droit de faire autre chose en même temps. Pour ma part, j’aime bien jouer aux jeux vidéo devant les séries plus redondantes, comme les dernières saisons de How I Met Your Mother par exemple.

Au-delà du droit de s’investir dans des plaisirs coupables (je déteste cette expression), on peut aussi simplement assumer qu’on revisite nos classiques à défaut de s’ouvrir à de nouvelles expériences parce que le réconfort de la familiarité est pas mal plus plaisant que l’audace bien souvent.

Donnons-nous le droit d’être délinquants dans notre consommation culturelle, surtout quand les diffuseurs traitent, trop souvent, le contenu comme un prétexte à enfiler de la pub sur les ondes.

Parce qu’il ne faut pas oublier qu’au final, nous avons toujours le droit de ne pas du tout visionner toute cette offre.

Un petit pensez-y-bien avant de tomber dans l’hivernation et l’abus de Netflix avec des boissons chaudes.

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