Netflix Queer Eye

On parle beaucoup de la résurrection par Netflix de Queer Eye for the Straight Guy, simplement intitulée Queer Eye. Non seulement on en parle beaucoup, mais on en dit aussi beaucoup de bien, chose quand même surprenante pour ce qui semble être, en surface, qu’une banale émission de makeovers comme on en compte à la pelle depuis très longtemps à la télé.

J’étais curieux de découvrir le tout, même si je n’étais pas réellement familier avec la mouture d’origine lancée en 2003 par la chaîne Bravo. Je connaissais un peu le concept, mais je n’étais pas un adepte de ce genre d’émission. C’était pas mal l’étendue de ma familiarité avec le Fab Five.

Ma surprise était donc augmentée quand, après les deux premiers épisodes, j’étais confronté à une intéressante situation. Tout d’abord, la mécanique-même de l’émission ne me parle pas dutout. Changer de décor, de vêtement, de coupe de cheveux et d’alimentation sous le regard attentif de cinq experts, ça ne me rejoint pas. Que ce soit Jean Airoldi ou le Fab Five, les ficelles sont trop grosses pour me convaincre qu’une couche de peinture et une paire de souliers suffisent à changer la vie de quelqu’un.

Sauf que Queer Eye, dans sa proposition, ne vend pas ce rêve de changement. Ma surprise réside dans cette conscience du médium déployée par le Fab Five et l’équipe de production.

On fait de la télévision traditionnelle et on utilise les codes usés avec un «avant» et un «après» dans la vie des participants. Par contre, on utilise cette tradition pour élever le discours au-delà de son apparente superficialité.

Ainsi, le Fab Five offrira à un homme timide une nouvelle garde-robe, oui, mais lui fera aussi redécouvrir l’envie de regarder les gens dans les yeux et de vivre ses émotions au lieu de les abandonner sous une barbe abandonnée et une couche de sarcasme.

La force de Queer Eye réside dans cette humanité incroyable qui déborde de tous les segments de l’émission quand on veut bien la voir. Car il serait facile de rejeter en bloc le projet dès la première exubérance de Jonathan, par exemple. Ça serait facile d’alimenter les clichés avant même de prendre le temps de visionner l’émission, comme il serait facile de croire que le Fab Five s’invite dans la vie de gens «simples» de la grande région d’Atlanta pour les ridiculiser.

Je ne crois peut-être pas à la longévité d’un plan de relance dans la vie d’un retraité quand on lui propose de remplacer son Mountain Dew par une option santé, mais je vois la pertinence de lui apprendre à ne plus cacher son visage afin de retrouver l’envie de charmer l’ex-femme de laquelle il n’a jamais complètement décroché.

Je ne m’attendais pas à apprendre quelque chose à visionnant Queer Eye, sauf peut-être comment agencer mes bas à motifs avec les pantalons à la mode du moment. Ça, c’était mon préjugé. Le Fab Five m’a confronté à cette idée préconçue et malgré les mécaniques peu subtiles de la télé-réalité, ils ont réussi à me convaincre de regarder au-delà et, surtout, d’écouter ce que les gens ont à dire.

Une belle leçon à apprendre que je vous suggère fortement. La saison entière est disponible sur Netflix.

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