Télé-Québec, capture d'écran Valérie Plante à Dans les médias

Jeudi soir, la mairesse de Montréal Valérie Plante était l’invitée de deux émissions de télévision : Esprit critique sur ARTV et Dans les médias à Télé-Québec.

Deux émissions, deux mandats, deux entrevues très différentes.

Ce n’est pas la première fois que je le dis sur ce blogue, mais les politiciens élus à la télévision, ça m’agace.

Ça m’agace parce qu’on ne les confronte pas avec les questions, ça m’agace parce qu’on les aide à passer leur cassette à l’auditoire et ça m’agace parce qu’on sort du mandat d’éduquer l’auditoire quand on se baigne dans la complaisance.

Ceci dit, Valérie Plante avait d’autres motivations lorsqu’elle a visité les deux plateaux et, sur ce point, je dois lui lever mon chapeau. Elle n’était pas là pour faire jouer une cassette. Mais, elle avait quand même une idée derrière la tête.

Dans les médias a mis le doigt sur la raison de sa présence sur deux plateaux de télé : la balloune médiatique de Valérie Plante a dégonflé. L’émission a présenté cette dichotomie à la mairesse dans sa représentation médiatique au moment de son élection et celle actuellement après le dévoilement de son premier budget.

Du côté de Télé-Québec, on a joué cartes sur table en lui présentant des caricatures de certains journaux et un portrait de sa présence dans les médias. Bonne joueuse, la mairesse a répondu avec une franchise rafraîchissante.

À ARTV, par contre, je cherche encore l’intérêt de son entrevue, tout comme je cherche la pertinence des rencontres de Jean-Sébastien Girard dans une émission axée sur la vulgarisation d’enjeux de l’actualité culturelle en plus de faire de la critique et de l’analyse.

D’ailleurs, j’aime beaucoup le ton et le rendu d’Esprit critique qui a trouvé son aisance sur les ondes. Mais le segment de Girard où il rencontre des vedettes d’ici pour les flatter dans le sens du poil, je ne comprends pas le jumelage. Sans dire qu’il n’est pas intéressant en entrevue, le contexte est étrange à mon sens.

Pourtant, il s’est fait un nom à la radio avec son amour de la culture d’ici doublé d’une langue fourchue n’ayant pas peur de piquer ses invités. À Esprit critique, il multiplie les rires complices, les jeux de mots maladroits et il se met tellement en scène que son invité, comme c’était le cas avec Valérie Plante, ne dit à peu près rien.

En comparant les deux entrevues de madame Plante, le contraste est quand même frappant. Dans les deux cas, elle est extrêmement sympathique et le but à peine dissimulé de faire remonter sa popularité est atteint, du moins, pour l’auditoire des émissions. Mais elle venait s’adresser à des convertis, ses détracteurs n’ont pas reçu beaucoup de munitions afin de changer d’avis.

Avec ceci en tête, pourrait-on revoir notre position par rapport aux politiciens à la télé? Qui plus est, des politiciens municipaux n’intéressent pas forcément tout le Québec à qui s’adresse, pourtant, les émissions en ondes. Le montréalocentrisme complaisant, ça ne rend service à personne.

On pourrait aussi soulever le problème que des dizaines d’émissions s’arrachent les mêmes invités lorsqu’ils sont en tournée de promotion et, pour le public, ça provoque une redondance un  brin agaçante entre la radio, la télé et les journaux.

Mais ça, c’est un autre débat.

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