AMC Better Call Saul

Breaking Bad a marqué, à sa façon, le panorama télévisuel. La série a fait de son créateur Vince Gilligan une grosse pointure à Hollywood. Les acteurs ont aussi récolté de nombreux prix et une notoriété considérable, même dans le cas d’un vétéran du petit écran comme Bryan Cranston qui, avant de camper le rôle de Walter White, était surtout un acteur de soutien associé à des rôles plus comiques.

Avec cinq saisons au compteur et une finale sans possibilité de retour, Breaking Bad a tiré sa révérence en laissant un trou dans le cœur des irréductibles et, surtout, dans la grille de la chaîne AMC qui a énormément bénéficié du succès inespéré de cette saga criminelle.

C’est dans ce contexte qu’est apparu Better Call Saul en 2015, un an et demi après la diffusion du dernier épisode de Breaking Bad à l’automne 2013.

Better Call Saul est ce qu’on appelle un «spin-off» dans le jargon, ou une série dérivée. On reprend l’univers d’une production populaire en explosant le passé ou le futur de personnages secondaires. Ici, c’est l’avocat scrupuleux Saul Goodman qui devient le point central et on recule six ans avant les aventures de Breaking Bad pour nous montrer la glissade d’un jeune avocat beau parleur vers les travers du crime organisé dans lesquels il navigue lorsqu’il fait la rencontre de Walter White dans Breaking Bad.

Nous avons, ici, un temps limité pour faire vivre les personnages et présentement, durant la quatrième saison en ondes depuis quelques semaines, on commence à se rapprocher d’un climat familier à celui de Breaking Bad. Sans complètement vendre la mèche, l’identité fabriquée de Saul Goodman s’invite de plus en plus et le Jimmy McGill du début de Better Call Saul a vécu beaucoup de transformations. Il y a aussi son entourage et le monde juridique duquel il prendra forcément une distance avant de devenir «l’homme du peuple» avec les publicités à la télé et les tactiques plus ou moins loyales d’atteindre ses gains de causes.

Il y a trois ans, je n’avais pas réellement sauté dans le train de la série. Je lui avais reconnu des qualités après les deux premiers épisodes, mais ça ne me parlait pas trop. Mon deuil de Breaking Bad n’était pas fait. Ceci dit, j’ai complété mon rattrapage récemment et Better Call Saul réussi un rare exploit : devenir une entité aussi intéressante que la série d’origine.

Non, ce n’est pas meilleur que Breaking Bad, mais il y a un réel intérêt à suivre la série même sans faire la correspondance avec Breaking Bad. Ça, c’est rare. Le récit est fort, impliquant, bien monté et on reconnaît la plume chirurgicale de Gilligan et de son équipe. Ceux qui ont visionné Breaking Bad auront quelques gâteries durant les visionnements et les autres ne seront pas submergés par des références pour les écarter de la compréhension. L’univers de Better Call Saul est aussi différent de Breaking Bad malgré plusieurs similitudes.

Better Call Saul est une réussite autonome et une brillante prolongation de l’univers de Breaking Bad. Bref, quelque chose que vous voulez voir. Il y a trois saisons sur Netflix et la quatrième est en ondes sur AMC. Ne boudez pas votre plaisir.

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