Netflix Maniac

Netflix a dévoilé une minisérie récemment qui fait beaucoup jaser en raison de sa distribution oscarisée. Maniac, menée à l’écran par les personnages d’Emma Stone et de Jonah Hill, est une série dystopique qui attaque de front la question de la santé mentale avec une approche résolument différente et pas forcément simple à résumer, mais, en gros, on tente d’établir une procédure afin de corriger tous les maux de l’âme en manipulant l’esprit vers un état souhaité.

On se trouve à New York dans un présent (ou un avenir) différent de celui que l’on connaît. La technologie ne s’est pas développée de la même façon et le monde n’a pas la même allure. Les ordinateurs et la publicité ont pris une très grande place sur la vie des gens et, en réaction, l’isolement est un problème alarmant qui force la population à se réfugier dans leurs domiciles dispendieux.

Finalement, ce n’est pas si différent, mais il y a des allures de science-fiction ici, à la Blade Runner, sans trop appuyer les différences et embourber le propos avec des explications. La série de Patrick Somerville et Cary Fukunaga, qui ont travaillé respectivement sur The Leftovers et True Detective, se démarque vite avec sa proposition unique même si elle emprunte énormément aux canons du genre.

Ainsi, l’univers parallèle de Maniac est très familier, même si on ne le connaît pas du tout. Il y a du Orwell là-dedans, du Black Mirror, du Brazil de Terry Gilliam et des dizaines d’autres influences avec une cigarette au bec pour la majorité des scènes. Au-delà de ces petits irritants, on plonge rapidement dans  Maniac même si on commence à comprendre la direction du récit au troisième épisode seulement.

C’est d’ailleurs un défaut majeur de Maniac : je n’ai pas le temps d’attendre deux ou trois heures avant de déterminer si une série m’intéresse ou non. C’est malheureux, mais Netflix nous a habitués à un modèle plus immédiat d’appréciation et quand on tente le pari de nous garder en haleine sur des promesses vides de belles choses à venir éventuellement, on décroche vite. Maniac, c’est un peu ça. Hill et Stone dévoilent doucement leurs personnages et on nous promet, implicitement, que le récit s’étoffera en cours de route.

Alors, il faut persévérer, parce que oui Maniac trouve son rythme quand on nous dévoile finalement l’objectif de l’aventure : explorer les songes de ces personnages lors d’une retraite clinique pour évaluer l’efficacité d’une série de médicaments cherchant à régler tous les problèmes de maladies mentales.

Gros mandat, certainement, mais surtout un gros canevas pour se payer un voyage à l’intérieur des souvenirs, des fantasmes et des fantaisies des différents personnages. Ainsi, on quitte le New York dystopique du récit pour suivre Hill et Stone dans une panoplies d’aventures, de l’espionnage à la vie de banlieue en passant par des scènes d’actions et autres moments cocasses empruntés à l’imaginaire collectif appuyé par plus de cent ans de cinéma.

C’est riche, éclaté, divertissant et surprenant. On s’y perd rapidement, mais c’est une dérive fort agréable et Maniac gagne à être découvert à petites doses. Le format de 45 minutes par épisode est parfait et il faut espacer les visionnements. Un ou deux à la fois, comme avec Black Mirror, et on laisse la dérive prendre le dessus, un peu comme la médication sur les personnages du récit.

Laissez-vous surprendre même si, lors des deux premiers épisodes, votre réflexe sera de passer à un autre appel.

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