RDS Pierre Houde et Marc Denis

C’est tombé un peu entre deux chaises hier soir dans le tumulte et la déception collective à la suite de l’élimination du Canadien de Montréal, mais il s’agissait hier d’un dernier rendez-vous en séries pour la Sainte-Flanelle sur les ondes de RDS pour un sapré bout de temps.

Douze ans plus précisément. Douze longues années.

Douze ans en télé, c’est l’équivalent d’une petite éternité. Le paysage a le temps de changer à de nombreuses reprises avant de voir la fin de cette lucrative entente entre TVA Sports et la Ligue nationale de hockey pour la présentation exclusive des éliminatoires en français.

Pour le tandem de Pierre Houde et Marc Denis, jeudi soir représentait ce qui sera vraisemblablement une dernière occasion d’offrir aux téléspectateurs une description d’un match éliminatoire du Canadien. Les deux auront la chance de reprendre leur chaise lors de la prochaine saison régulière en vertu de l’entente régionale entre le Canadien et RDS, mais ils devront faire une croix sur les éliminatoires.

Pour TVA Sports, il s’agira du début d’un pari risqué et audacieux dans la mesure où l’entente de 12 ans est d’une richesse inégalée pour les propriétés très convoitées que sont le Canadien de Montréal et la LNH au Québec.

Même si à court terme l’engouement autour de TVA Sports et de sa nouvelle propriété est tangible, il s’agit d’une facture très salée pour laquelle on évalue encore mal les impacts concrets.

Avec l’avènement des enregistreurs numériques, de la télé en ligne et des forfaits câblés à la carte, l’événementiel en direct est devenu un filon d’or en télévision et le sport, consommé presque exclusivement en direct, est le bélier utilisé afin d’attirer les annonceurs.

Pour le téléspectateur, le changement de garde marquera le début d’une nouvelle époque et la fin du monopole de RDS sur le hockey en français au Québec. Pour les deux réseaux, il y aura sans doute une période d’ajustements qui, on l’espère, n’affectera pas la couverture sportive francophone dans la Belle Province.

Pour le reste, qui vivra verra.

Je suis un de ceux qui n’aiment pas cette tendance, très manifeste aux États-Unis, où les réseaux de télévision surenchérissent afin d’obtenir des licences convoitées. Un jour ou l’autre, le consommateur se fera refiler la facture, car les sommes sont de plus en plus indécentes.

Les 5,2 milliards dépensés par TVA et Rogers sont bien timides comparés aux sommes déboursées par les diffuseurs du Sud afin d’obtenir les droits de la NFL. Il y a une bulle ici qui, éventuellement, nous éclatera au visage.

D’ici là – bon hockey à tous.

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