C’est reparti pour un tour avec la grande rentrée de Tout le monde en parle, dimanche.

Plus besoin de présenter la formule, TLMEP c’est sensiblement toujours la même chose. On aime ou on n’aime pas certains invités, mais on y trouve son compte et on alimente des conversations. Il s’agit d’une émission utile et pertinente sur nos ondes, ne serait-ce que pour son pouvoir de diffusion de l’information.

Le hic, c’est quand ce pouvoir est utilisé pour s’acharner sur quelqu’un. On a fait la promotion de cette première de la saison sur le dos de l’entrevue avec la controversée ex-policière Stéfanie Trudeau et, comme prévu, il y a avait un consensus sur le plateau contre l’invité.

Il ne s’agit pas d’une première instance où TLMEP utilise un invité comme bouc émissaire, pensons à Raël il y a longtemps ou encore Gab Roy dans un passé pas si lointain.

Sans prendre la défense de madame Trudeau et de ses actions, disons que je n’ai jamais été un grand fervent des lynchages en public. Le lavage de linge sale, c’est divertissant à petite dose, mais dimanche avait des airs d’un acharnement particulièrement déplacé, surtout dans la mesure où plus personne ne parle de la «fameuse» Matricule 728. Nous sommes loin du mandat de l’émission : couvrir l’actualité dont tout le monde parle.

Vous me direz qu’elle fait la tournée de promotion de son livre et qu’elle se place elle-même la tête dans la gueule du lion, sauf que si on lui refusait ce genre de tribunes, personne n’aurait eu vent de son livre et ça nous aurait fait une belle vacance.

Bref, je n’ai pas saisi la pertinence de cet entretien. Même qu’à la limite, les intervenants paraissaient plus mal  que la policière colérique.

Voir un Philippe Falardeau, bien hissé sur ses grands chevaux, s’acharner avec un mépris affiché sur les actions de l’ex-policière, ça en dit beaucoup plus sur l’intolérance de monsieur Falardeau que sur la violence des actions de madame Trudeau. Même chose avec les questions mesquines et les blagues méprisantes.

Encore une fois, l’idée n’est pas de faire le procès de Stéfanie Trudeau lors d’une émission de télé.

Je suis un peu déçu qu’on en soit rendu là pour faire du chiffre à la télé. Elle servait à qui/quoi cette entrevue, sauf à meubler le dernier segment d’une émission populaire lors de la première de la saison? Stéfanie Trudeau n’est plus une personne publique, ni même une vedette. C’est le résultat d’un système malade et d’une bureaucratie aliénante.

Des maux qui affligent le SPVM, notre gouvernement, plusieurs syndicats et même le monde de la télévision, utilisée ici pour regarder de haut cette «policière violente» sacrifiée devant nos yeux pour satisfaire les dieux de la justice sociale – ou kek’chose du genre.

Ce que je déplore, ici, c’est qu’on abatte le barreau le plus bas de l’échelle au lieu de chercher à monter au sommet. Un individu ne devrait pas porter la responsabilité des actions d’un groupe auquel il appartient – qu’il soit manifestant ou policier. Pourquoi ne pas griller sur la place public celui (ou celle) qui signait le chèque de paye de madame Trudeau?

Philippe Falardeau s’est dit déçu du désaveu politique de Denys Arcand – et bien moi je suis déçu de Philippe Falardeau qui a joué au plus fort la poche avec une personne qui n’avait pas les mêmes outils intellectuels et linguistiques que lui afin de se défendre sur la place publique. Les répliques assassines sont faciles à lancer devant un plateau favorable et des invités qui sont aussi nos amis, sauf qu’elles ne changent rien, elles restent au même niveau que les actions qu’elles déplorent – c’est-à-dire au ras le sol, là où le sale côtoie ce que l’on voudrait enfouir sous le tapis.

De grâce, pour la suite des choses, évitez les dîners de cons à Tout le monde parle. On peut encore, j’ose espérer, débattre intelligemment à la télévision sans ressentir le besoin de ridiculiser un individu qui, malgré tout, mérite au moins la politesse qu’on écoute ce qu’il a à dire.

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