Getty Images/iStockphoto

Beaucoup de gens ont cette parfois utile, parfois fâcheuse manie de faire des listes. Ce n’est pas mon genre. À part une fois de temps en temps quand je veux être vraiment sûre de ne rien oublier à l’épicerie parce que j’ai choisi une recette un peu plus compliquée sur le site de Ricardo, je ne fais définitivement pas partie du team listes.

Adeptes des listes, comprenez-moi bien: je suis consciente que je devrais souvent m’inspirer de vous dans la vie. Une liste de tâches pour mieux gérer mon temps, une liste d’épicerie pour acheter tous les ingrédients, ou même une bucketlist pour garder le cap sur mes objectifs importants. Tout ça, c’est génial. Mais en fin de semaine, les adeptes des listes, je me suis dit que vous alliez trop loin des fois.

Je flânais dans un magasin jeune et branché qui vend des vêtements trop chers, des tables tournantes et des objets déco trendy – 10 points si vous trouvez l’endroit dont il s’agit – et je feuilletais les livres quand je suis tombée sur LA liste que personne ne devrait faire. Pour la modique somme de 10$, c’était un joli petit carnet de notes dans lequel inscrire les noms, les caractéristiques physiques, la provenance et la performance (!) de toutes vos dates. Seigneur!

S’il y a bien une liste que je préfère oublier, c’est celle-là. En quatre ans d’activité sur Tinder, j’ai eu mon lot de rencontres désastreuses, allant du gars qui m’a amenée prendre une bière dans un bar miteux qui sentait littéralement le refoulement d’égout au radin qui est venu chez moi avec les ingrédients pour cuisiner le souper et qui est reparti le lendemain matin avec son poivron inutilisé. Ces dates-là, je n’ai pas besoin d’une liste pour m’en rappeler! Mais j’ai aussi eu ma large part de dates correctes ou juste bof, celles qui se sont parfois arrêtées après un café ou après un baiser, mais qui au final ne m’ont rien apporté. Ces personnes dont j’ai oublié le nom qui ont croisé mon chemin, sont reparties et ont probablement oublié mon nom aussi. Il ne m’est jamais effleuré l’esprit d’en faire un inventaire!

Ce carnet de notes m’a drôlement fait penser au moment où une de mes amies m’avait parlé de sa liste de partenaires sexuels il y a quelques années. Elle avait tout noté: de son premier chum en secondaire 3 à son one night stand du party universitaire de la veille. Elle trouvait l’exercice comique, mais troublant en même temps quand elle relisait son calepin et qu’elle faisait l’addition des prénoms. Elle s’auto-jugeait par rapport au nombre de gars dont elle avait volontairement gardé la trace. Avec toute ma délicatesse de l’époque, je lui ai dit : «Jette-moi ça aux vidanges, c’t’affaire-là!» (J’ai développé beaucoup plus de tact depuis.)

Ce que je voulais lui dire, c’est qu’on ne se définit pas par le carnet de nos dates ni la liste de ceux qui sont passés dans notre lit. Notre valeur n’est pas inversement proportionnelle à notre nombre de partenaires sexuels. Les rencontres dont on veut se rappeler vont rester, les autres vont finir par s’évanouir. Nos anciennes conquêtes ne sont pas les ingrédients d’une recette, on n’a pas besoin de les noter. Quand il s’agit de notre vie amoureuse, ou même de nos pulsions sexuelles, tant pis pour la liste, on peut y aller au feeling. Quand il est bon, on le suit. Enfin je pense, mais je suis peut-être biaisée, comme je vous disais, je ne suis pas une adepte des listes…

Aussi dans La Milléniale :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!